Il y a quatre-vingts ans, les Nations Unies ont vu le jour avec la première Assemblée générale qui s'est tenue à Londres, le 10 janvier 1946. Les États membres travaillaient pour établir les infrastructures logistiques et administratives de cette organisation mondiale. Sur fond de musique orchestrale, un journaliste relatait l'événement : « Au rendez-vous de la paix, 51 nations ont accouru. »
Ce moment historique à Londres n’a pas seulement marqué le début de l’ONU, mais également la volonté de prévenir de futures guerres, deux fois déjà dévastatrices. Eduardo Zuleta Angel, président provisoire de l'Assemblée, a ouvert cette session en exprimant le besoin urgent d'une structure pour maintenir la paix, la sécurité et la justice. « Une tâche ardue et difficile, bien que réalisable », a-t-il ajouté, mettant en lumière les défis qui restent à relever.
Mise en place et logistique
Les discussions de la première Assemblée générale ont principalement porté sur les modalités de fonctionnement de l'organisation. Au cœur des débats, l'élection de Paul-Henri Spaak, alors premier ministre de Belgique, comme président, ainsi que le choix de Trygve Lie, soutien de l'URSS, comme secrétaire général. Sa mission cruciale consistait en la constitution rapide d’un corps administratif de 3 000 fonctionnaires, un défi énorme pour une organisation naissante (source : ONU).
Les États membres ont établi les bases nécessaires aux divers organes de l'ONU, notamment le Conseil de sécurité et la Cour internationale de justice, tout en veillant à ce que ces institutions soient sous l'influence des cinq grandes puissances : les États-Unis, l'URSS, la Chine, la France et le Royaume-Uni. Parallèlement, des décisions cruciales, telles que la création d'un siège à New York, ont été prises.
Défis et enjeux d’après-guerre
Alors que l’infrastructure prenait forme, les préoccupations liées aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale étaient omniprésentes. Des rapports sur la « reconstruction économique des régions dévastées » et le besoin d’asile alimentaire pour les pays occupés ont été présentés. Des points essentiels du droit international ont été confirmés, y compris la définition du crime de génocide, un pas significatif vers la justice mondiale.
Des experts tels que Jean-Marie Guéhenno, ancien responsable des opérations de maintien de la paix à l'ONU, soulignent que l'ONU continue d’avoir un rôle fondamental à jouer pour résoudre les crises contemporaines : « Le monde est confronté à des enjeux tels que le changement climatique et les conflits armés. L’ONU doit s’adapter pour rester pertinente. »
Des discussions sur les conséquences de l’énergie atomique et des relations à établir, notamment avec l’Espagne franquiste, ont également eu lieu. L’importance de l’égalité des droits entre hommes et femmes a été une priorité, avec un appel à tous les membres pour faire avancer cette cause.
Au cours des prochaines décennies, l'Assemblée générale a déménagé à New York, installée dans le célèbre bâtiment de l'ONU à Manhattan depuis 1952. À l’aube de son 80e anniversaire, l’ONU demeure un acteur essentiel sur la scène internationale, même si ses défis demeurent complexes.







