Une récente enquête menée par le New York Times révèle que les forces armées américaines auraient recouru à un stratagème troublant lors d'une attaque contre un bateau soupçonné de trafic de drogue, survenue en septembre dernier. L'avion impliqué, selon les informations, était déguisé en appareil de transport civil, et cette opération aurait tragiquement entraîné la mort de 11 personnes.
Une telle manœuvre, qui consiste à masquer le caractère militaire d'un appareil pour tromper l'ennemi, pourrait être qualifiée de crime de guerre par de nombreux experts juridiques. Le droit international humanitaire condamne fermement la perfidie, qui consiste à decevoir l'adversaire en le faisant croire en un statut civil.
Une guerre contre le narcotrafic
Ce bombardement, annoncé officiellement le 2 septembre par l'ancien président Donald Trump, faisait partie d'une campagne plus étendue des États-Unis contre des embarcations jugées liées au narcotrafic vénézuélien. Le France 24 rapporte que ces opérations ont déjà causé plus de 100 décès dans les Caraïbes et le Pacifique depuis leur lancement.
Un camouflage troublant
Selon les responsables cités par le New York Times, l'avion utilisé lors de cette frappe ne manifestait aucune arme visible à l'extérieur, son armement étant dissimulé à l'intérieur du fuselage. Son aspect extérieur se confondait plus avec un appareil civil qu'avec un avion militaire classique. En réponse à ces préoccupations, l'armée a depuis opté pour des appareils clairement identifiables comme militaires, tels que des drones.
L'administration Trump justifie ces opérations au nom de la lutte contre le trafic de stupéfiants. Cependant, elle n'a pas fourni de preuves concrètes établissant que les embarcations ciblées étaient réellement impliquées dans des activités criminelles. Cette absence de preuves soulève de vives inquiétudes et questionne la légitimité de telles interventions, surtout face à un contexte d'escalade des tensions internationales.
Des experts juridiques, comme le professeur de droit international à l'Université de Paris, Marc Dupuis, affirment que ce type d'opération pourrait compromettre non seulement la vie des civils innocents, mais aussi les principes éthiques régissant les guerres modernes. « Cela pourrait ouvrir la voie à une nouvelle interprétation des règles de la guerre », met-il en garde, illustrant ainsi les conséquences potentiellement dangereuses d'une telle stratégie militaire.







