Alain Orsoni, pur produit de la cause nationaliste corse des années 1970, a été assassiné le 12 janvier 2026 à Vero, alors qu'il se rendait aux obsèques de sa mère. Cette exécution, d'une balle précise en pleine poitrine, survient après des années d'une vie marquée par des choix politiques controversés et des liens avec le grand banditisme.
Au cours de son parcours, Orsoni a intégré le FLNC, le Front de libération nationale corse. Il a fondé dans les années 1990 le Mouvement pour l’autodétermination (MPA), souvent critiqué et moqué pour sa dérive vers des affaires malhonnêtes, amenant ses détracteurs à l'appeler le "Mouvement pour les affaires". En pleine guerre fratricide entre factions nationalistes, Orsoni quitte son île natale en 1996 pour s'exiler en Amérique centrale. Un retour temporaire à Ajaccio en 2008 se solde par une tentative d'assassinat échouée.
Les observateurs, tels que le sociologue Pierre Rocca, soutiennent que son parcours est symptomatique des conflits internes au sein du nationalisme corse. "Orsoni, malgré ses ambitions politiques, a toujours navigué dans des eaux troubles.», témoigne-t-il.
Retour de l'exilé pour les obsèques d'une mère aimée ou piège mortel en préfiguration des rivalités persistantes ? Maison mère, village, famille : tout part parfois d’un point central, avant de diverger vers des histoires souvent tragiques.
Les derniers instants d'Orsoni suscitent ainsi des inquiétudes sur la pérennité de la violence en Corse. Selon le quotidien Le Parisien, il était très rare qu'Orsoni rentre en Corse depuis qu'il s'était établi au Nicaragua.
Ce destin tragique rappelle à tous que la Corse, berceau de traditions et de tensions, demeure un lieu où les blessures du passé n'ont toujours pas cicatrisé. "La violence générationnelle est profondément ancrée", conclut le politologue Jean-Marie Tafforeau, soulignant comment chaque génération semble héritée du cycle.







