Actuellement, la France fait face à une crise d'obésité alarmante, touchant près de huit millions de citoyens, dont 500 000 souffrent d'obésité sévère. Un constat qui incite le gouvernement à établir une feuille de route 2026-2030, présentée par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Ce plan ambitieux vise à améliorer l'accès aux soins spécialisés, très variable selon les régions, et à mettre en place des dépistages précoces. Un rapport de Santé publique France souligne que le taux d'obésité pourrait atteindre 6,1 % de la population adulte d'ici 2024, un chiffre alarmant qui nécessite des actions urgentes.
Cette nouvelle feuille de route prend en compte l'émergence de médicaments tels que les analogues du GLP-1, qui sont sous négociation tarifaire. Bien que d'un coût mensuel d'environ 300 €, leur efficacité dépend d'une consommation continue pour éviter la reprise de poids. Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), leur utilisation reste soumise à des conditions strictes, ce qui complique l'accès pour les patients concernés.
Les modalités de repérage précoce, suggérées dans les écoles et les centres de protection maternelle et infantile, sont en cours de structuration par le ministère de la Santé. En parallèle, la feuille de route prévoit d'enrichir la documentation de santé avec des données précises sur la sévérité de l'obésité et de lancer des études sur la boulimie. Des experts du domaine estiment qu'une formation spécialisée sur l'obésité pourrait également être introduite dans le cursus des médecins en formation, à un moment où l'endocrinologie-diabétologie-nutrition reste moins prisée par les internes.
Enfin, pour soutenir cette démarche, cinq nouveaux centres de soins spécialisés (CSO) ont été labellisés récemment, notamment en Corse et en Guyane, où l'accès à ces soins était jusqu'ici inexistant. Dans le Grand Ouest, les centres existants bénéficient d'une attention particulière pour assurer un meilleur suivi des patients. Des experts de l'université Paris-Diderot ont souligné qu'une approche multidisciplinaire pourrait également faire la différence dans la lutte contre cette épidémie grandissante. Selon eux, un partenariat entre les acteurs de la santé publique, les médecins et les organismes sociaux est essentiel pour inverser cette tendance.







