Yoweri Museveni, président de l'Ouganda depuis 1986, a été réélu au cours d'un scrutin critiqué par des observateurs. La commission électorale a proclamé sa victoire, mais des nations voisines et des observateurs internationaux, tels que l'Union africaine, évoquent un climat de violence et d'intimidation qui a pesé sur le processus électoral.
Le chef d'État âgé de 81 ans a non seulement accru sa longévité au pouvoir en obtenant 71,65 % des voix, mais il a également utilisé des moyens de répression pour se maintenir à la tête du pays. Son principal rival, Bobi Wine, connu pour sa musique engagée et ses critiques acerbes du régime, a obtenu 24,72 % des suffrages. Wine, également connu sous le nom de Robert Kyagulanyi, a dénoncé des fraudes massives et a appelé à des manifestations pacifiques dans une vidéo diffusée juste avant l'annonce des résultats.
Les tensions se sont intensifiées lorsque, la nuit précédant l'élection, des soldats et des policiers ont fait irruption au domicile de Wine, perturbant son équipe de campagne. Dans un communiqué posté sur les réseaux sociaux, Wine a affirmé avoir échappé à une arrestation, tandis que sa famille restait assignée à résidence. « Ils me cherchent partout », a-t-il déclaré. Des témoins ont rapporté des survols d'hélicoptères et une forte présence policière, augmentant ainsi un sentiment de peur, particulièrement dans la capitale, Kampala.
L'ONU a, de son côté, pointé du doigt un climat répressif caractérisé par des arrestations et des violences. Les autorités avaient précédemment coupé l'accès à Internet pour tenter de contrôler la situation. Amnesty International a rapporté que plus de 400 partisans de Wine ont été arrêtés durant la campagne, positionnant la répression de l'opposition comme un axe central du scrutin.
La journée électorale a été marquée par des incidents violents, faisant rapporter la mort d’au moins dix personnes dans des altercations avec l’armée. Les forces de sécurité ont été accusées d'avoir ouvert le feu sur des partisans qui protestaient contre des élections qu'ils considèrent comme truquées. La police a, quant à elle, soutenu que ces victimes étaient des attaquants potentiels.
Kizza Besigye, un autre critique historique de Museveni, a également été arrêté peu avant les élections, ce qui témoigne d'une politique de répression croissante contre les voix dissidentes dans le pays. La situation s'annonce difficile pour la démocratie ougandaise alors que le gouvernement maintient un contrôle ferme sur les médias et restreint les libertés fondamentales. Comme le souligne l'analyste politique à Kampala, « la démocratie en Ouganda est dans un état critique, et les voix de l'opposition sont étouffées systématiquement ». Seule l'avenir permettra de déterminer si des réformes démocratiques verront le jour ou si Museveni parviendra à consolider davantage son pouvoir dans les années à venir.







