Les obsèques d'Alain Orsoni, figure emblématique du nationalisme corse et homme d'affaires, ont eu lieu samedi matin à Ajaccio, marquées par une forte émotion. Assassiné à l'occasion de l'enterrement de sa mère à Véro, il a été célébré par près de 200 personnes, témoignant de l'impact qu'il a eu sur sa communauté.
Dès 10h15, le cercueil d'Alain Orsoni, âgé de 71 ans, a quitté l'espace funéraire en direction du crématorium local. Une marche lente a permis aux convives, y compris des représentants de la Ligue des droits de l'Homme, de rendre hommage à cet homme complexe.
La cérémonie a été ponctuée par la projection d'images d'Orsoni, suivi d'un hommage poignant de son ami Jo Peraldi. Ancien membre du Front de libération national corse (FLNC), Peraldi a évoqué une amitié profonde née dans l'épreuve, se déclarant "frères d'arme" suite à la perte tragique de son propre frère, Guy, enlevé et tué en 1983.
Un rassemblement familial à Véro s'est également tenu dans l'après-midi, bien que son fils, Guy Orsoni, qui purge actuellement une peine de 13 ans de prison, ait été absent. Selon son avocat, Camille Romani, Guy a exprimé son souhait d'assister aux obsèques, mais a été informé par les autorités que cela était impossible pour des raisons de sécurité.
"Cette tragédie est d'autant plus difficile à vivre que son fils a été placé sous une stricte surveillance, ce qui limite sa capacité à gérer le deuil", a ajouté Romani.
Alain Orsoni, ancien président du club de football de l'AC Ajaccio, a été tué par un tir unique au cimetière de Véro, un acte qui soulève une multitude de questions sur la violence persistante en Corse. Les enquêtes, menées par le parquet national anti-criminalité organisée en collaboration avec la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, visent à établir les circonstances exactes de cet événement tragique.
Alors que les attentats liés au nationalisme corse et à la criminalité organisée continuent d'affecter l'île, les obsèques d'Alain Orsoni rappellent la tension palpable qui prévaut en Corse. Le climat politique et social reste tendu, et des experts s'interrogent sur l'avenir du nationalisme corsaire à la suite de cet énième drame. Comme le mentionne un analyste local, "la Corse est à un carrefour, et la situation devient de plus en plus complexe."







