La situation en Iran s'est aggravée alors qu'une coupure presque totale d'Internet persiste suite aux récentes manifestations. Après une brève période de connectivité, des messages de défi ont résonné, illustrant l'horreur des événements en cours.
"Durant cette courte accalmie, j'écris depuis les ténèbres, incertain de pouvoir envoyer ce message", a déclaré un résident iranien le 18 janvier sur les réseaux sociaux. Un autre utilisateur affirmait : "Ils ont fauché un grand nombre d'entre nous entre leurs griffes." Ces déclarations, pleines de défi et de colère, ont été diffusées juste avant le retour à la coupure d'Internet, imposée par les autorités depuis douze jours.
Un rapport de NetBlocks a confirmé que seuls un petit nombre d'utilisateurs avaient réussi à établir une connexion durant ce bref répit. L'ONG a également signalé l'implémentation d'un "filternet", un système de filtrage restreint qui permet de contrôler l’information qui transite sur le réseau, renforçant les restrictions sur la liberté d'expression.
Ce retour au silence a fait écho à des témoignages accablants provenant des zones de conflit. Des Iraniens, bien que réduits au silence, ont pu faire entendre leur voix, décrivant une répression sans précédent. Un étudiant en médecine de Machhad a révélé : "Tous ceux qui se trouvaient dehors étaient ciblés par les balles et les gaz lacrymogènes. Nous avons entendu des coups de feu terrifiants." Ce même étudiant a partagé que son ami avait été tué et que sa famille avait dû débourser une somme exorbitante pour son enterrement.
Les ONG, face à cette violente répression, rapportent des chiffres alarmants. Human Rights Activists in Iran (Hrana) a noté que 3 919 personnes avaient été tuées, tandis que 8 949 décès sont encore en cours d'analyse. Le contexte s'est intensifié, rendant cette mission encore plus ardue, alors que les autorités exercent une pression constante sur les familles pour minimiser les rapports sur les pertes humaines. Les estimations varient, certains analystes craignant que le nombre total de victimes n'atteigne jusqu'à 20 000, selon des sources médiatiques comme CBS News et The Times.
Du côté de la répression, les autorités montrent peu de signes d'atténuation. Le gouvernement a mis en place des mesures pour renforcer la surveillance, notamment en limitant l'accès à certaines plateformes comme Instagram. Meta, la société mère d'Instagram, a adhéré à ces préoccupations en protégeant les utilisateurs contre des actions répressives, en limitant les informations visibles sur les comptes locaux.
Dans un élan surprenant, la télévision d'État a été piratée, diffusant de courts discours appelant à la révolte et des messages de soutien de personnalités emblématiques telles que l’ancien président Donald Trump. Ces messages ont brièvement résonné avec les manifestants, alors que le flot de répression continuait de frapper ceux qui osaient s'opposer au régime.
Alors que la répression semble sans fin, des voix continuent d'émerger, alimentées par un désir de changement et de liberté. Les Iraniens témoignent de l'importance de leur lutte, même dans l'obscurité, comme un symbole d'espoir face à l'oppression croissante. L'avenir de l'Iran reste incertain, mais de nombreux experts s'accordent à dire que la résilience de son peuple pourrait un jour conduire à un changement significatif.







