Damien Bonnard et Samir Guesmi brillent dans ce premier long métrage d'Akihiro Hata, un puissant film social.
Vincent refuse de laisser sa vie de travailleur acharné le définir. Lorsqu'une opportunité se présente pour sa compagne Nour (Mouna Soualem), chargée de communication pour le projet Grand ciel, il s’imagine habiter un des luxueux appartements qu'il construit en tant que maçon. Ses ambitions s'intensifient à mesure qu'il fait tout pour attirer l'attention de ses supérieurs, même en sacrifiant ses jours de repos.
La chance lui sourit lorsque le poste qu'il convoitait revient à lui, alors que son collègue Saïd (Samir Guesmi) s’attendait à le recevoir. Cette tension entre les deux hommes s’intensifie, d’autant plus que Saïd, un homme à la personnalité affirmée, ne compte pas se laisser faire. Alors que des malfaçons sont détectées dans les sous-sols, Vincent et son équipe sont envoyés enquêter dans des conditions de travail difficiles, confrontés à une atmosphère étouffante remplie de poussière.
Un film qui souligne la violence du pouvoir
Peu après, Ousmane (Issaka Sawadogo), un collègue sans papiers, disparaît sans que quiconque s’en préoccupe. La direction presse l’équipe pour respecter les délais fixés, mettant ainsi en péril le contrat, ce qui pousse Saïd à agir. Il crée un blog et commence à susciter la colère des travailleurs, tandis que Vincent se trouve tiraillé entre le devoir d'apaiser la situation et ceux qui l'entourent, de plus en plus mécontents. D'autres disparitions viennent accroître la tension...
Pour son tout premier long métrage, Akihiro Hata dépeint avec crudité la brutalité des grandes entreprises qui exploitent sans scrupules les travailleurs, notamment les plus vulnérables comme les sans-papiers. Inspiré par un fait divers tragique de 2015 – la mort d'un ouvrier sans papiers, Mamadou Traoré, dont le sort aurait été oublié sans une enquête de la CGT – le réalisateur nous livre une pièce maîtresse.
Les performances des acteurs principaux sont d'une intensité rare. Leurs jeux s’alignent parfaitement avec une réalisation minutieuse, équilibrant tension dramatique et émotions humaines, tout en flirtant avec des éléments presque fantastiques. Grand ciel s'impose comme un film à la fois poignant et engagé.







