Tetsuya Yamagami, reconnu coupable du meurtre de l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe, a été condamné à la prison à vie ce mercredi. Ce verdict a été prononcé plus de trois ans après l'assassinat qui a choqué le Japon et le monde entier. L’accusé de 45 ans a tiré sur Abe lors d’un meeting électoral, utilisant une arme fabriquée artisanalement, le 8 juillet 2022, à Nara, près de Kyoto.
Lors de l’audience, le juge Shinichi Tanaka a affirmé que Yamagami a fait preuve d’une "détermination" notable pour abattre son victime, soulignant le fait qu’il a tiré par derrière, au moment où Abe s’y attendait le moins. Le magistrat a qualifié cet acte d'"extrêmement malveillant" et "méprisable".
Ce meurtre a provoqué une onde de choc dans un pays où les crimes violents par arme à feu sont rares. À l'ouverture du procès en octobre dernier, Yamagami avait admis sa culpabilité. Le procureur avait alors qualifié cet acte de "sans précédent dans l'histoire japonaise d'après-guerre", évoquant des conséquences graves pour la société.
Un appel envisageable
Les avocats de Yamagami ont exprimé leur déception quant au verdict, indiquant que leur défense n’a pas été adéquatement considérée. Ils envisagent de faire appel, ce qui pourrait être décidé dans les deux semaines à venir.
Les motivations de Yamagami sont liées à des griefs contre l'Eglise de l'Unification, également appelée "secte Moon", qui avait provoqué une profonde rancœur dans sa vie, ayant entraîné des conséquences financières sur sa famille. Pendant son procès, il a été révélé qu’il avait souffert d’un parcours familial tragique, marquée par le suicide de son père et des problèmes financiers de sa mère liés à cette organisation, ce qui l’a poussé à créer une arme de feu à partir d’informations trouvées en ligne.
Des circonstances atténuantes notées, mais insuffisantes
Le tribunal a reconnu qu'il était "indéniable" que l'éducation de Yamagami avait influencé sa personnalité et son état d'esprit. Cependant, le juge a clairement affirmé que chaque acte criminel reposait sur ses propres choix, méritant une forte sanction.







