Le drame du 1er janvier à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 40 personnes, a mis en exergue des zones d'ombre concernant le couple Moretti, propriétaires du bar Le Constellation. Depuis les événements tragiques, le bilan judiciaire et financier de Jacques et Jessica Moretti est scruté de près, suscitant de nombreuses interrogations sur l'origine de leur fortune.
Jacques Moretti, actuellement en détention provisoire, pourrait bientôt obtenir sa liberté conditionnelle après avoir rassemblé une caution de 200 000 francs suisses. Selon les informations rapportées par Le Figaro, cette somme aurait été mobilisée grâce à l'aide d'un proche. Toutefois, des enquêteurs s'interrogent sur les finances du couple, notamment sur des allégations de financements douteux.
Le passé judiciaire de Jacques Moretti est marqué par plusieurs condamnations, dont des infractions liées à l'emploi d'étrangers sans autorisation et des délits financiers. Des rumeurs évoquent même une enquête sur le remboursement d'une voiture de luxe acquise grâce à un prêt d'État pendant la crise du Covid-19, bien que celle-ci se soit soldée par un non-lieu.
Des voix s'élèvent pour questionner la légitimité de la fortune du couple. Maître Sébastien Fanti, avocat de différentes victimes de l'incendie, a souligné que Jacques Moretti n'était au départ que le "directeur" du Constellation avant d'afficher de façon inattendue des biens immobiliers pour une valeur dépassant trois millions de francs, sans recours au crédit. Ce phénomène, selon lui, est atypique pour quelqu'un de son milieu.
Cependant, Le Temps a présenté une analyse différente, soutenant que les affaires des Moretti auraient été gérées légalement, financées principalement par des emprunts bancaires. Des documents révèlent un prêt hypothécaire souscrit à la Banque cantonale du Valais et d'autres crédits, permettant de soutenir leurs investissements.
Au regard des données disponibles, le patrimoine accumulé par le couple se chiffrerait à environ cinq millions de francs, mais principalement constitué de dettes hypothécaires dépassant quatre millions. Ces éléments financiers seraient globalement couverts par les bénéfices générés par leurs établissements.
Cette histoire soulève d'importantes questions sur la régulation et la transparence dans le secteur de la restauration en Suisse. Des experts juridiques soulignent que cette tragédie pourrait non seulement dévoiler les failles d'une législation laxiste, mais aussi faire évoluer le cadre légal lié à la sécurité dans les établissements accueillant du public.







