Montpellier (France) – À l’approche des élections municipales de mars, la question des transports gratuits devient un sujet clé pour de nombreuses villes. Si certains candidats voient en cette initiative une opportunité, d’autres y voient une manœuvre électorale discutable.
"Tant que je serai là, la gratuité sera défendue", impose le maire de Montpellier, Michaël Delafosse. Ce socialiste se représente en affirmant que les transports gratuits, d’abord réservés aux jeunes et aux seniors, sont désormais accessibles à tous les 500.000 habitants de la métropole.
Selon Delafosse, cette initiative permet d’économiser plus de 1.400 euros par an pour une famille de quatre personnes, tout en contribuant à la réduction de la pollution. "La mobilité doit être un droit fondamental, au même titre que l’éducation ou la santé", défend-il, face aux critiques de la Cour des comptes.
Pour son rival, l’homme d’affaires Mohed Altrad, l’élargissement de la gratuité est un "acquis". En revanche, la candidate de centre-droit, Isabelle Perrein, propose de limiter cette gratuité aux jeunes et aux retraités.
À Dunkerque, Patrice Vergriete (divers-gauche) applaudit la gratuité, instaurée en 2018, qui a vu le nombre d’usagers passer de 35.000 à 80.000 au quotidien. Selon lui, les commerces du centre-ville ont connu une hausse de 30% de leur fréquentation. Toutefois, il avertit : "Si l’offre est insuffisante, la gratuité est inappropriée."
Une promesse sous haute surveillance
Parmi les 40 collectivités ayant déjà établi cette mesure, beaucoup sont de taille modeste, comme Châteauroux ou Castres. Pourtant, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, reste sceptique quant à une généralisation : "L’offre n’est pas toujours suffisante," a-t-il récemment déclaré devant l’Assemblée nationale.
À Lyon, Jean-Michel Aulas propose la gratuité pour les Lyonnais gagnant moins de 2.500 euros nets. À Poitiers, le débat porte sur une extension de la gratuité, actuellement limitée au samedi. La maire écologiste, Léonore Moncond'huy, évoque des risques liés à la généralisation de cette mesure.
Pêche aux voix ou vision à long terme?
À Strasbourg, les transports sont gratuits pour les mineurs, suivant une décision de la maire écologiste. Pourtant, des voix s’élèvent, comme celle du socialiste Catherine Trautmann, qui souhaite en étendre l’accès aux seniors. À Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, le maire, précise que la gratuité ne peut pas se faire au détriment du développement du réseau.
"On sort l'artillerie lourde pour aller à la pêche aux voix. Si l'usager ne paie pas, ce sera le contribuable qui en subira les conséquences," met en garde son opposant Julien Bony. À Metz, le candidat RN, Étienne Anstett, rappelle que la gratuité ne devrait pas profiter aux plus aisés.
Ce panorama des propositions montre un paysage contrasté, entre engagement social et préoccupations économiques. La question des transports gratuits, plus qu'une simple promesse électorale, pose des enjeux de mobilité et de justice sociale à l'échelle de la France.







