Depuis cinq ans, le hashtag #SaccageParis s'impose sur les réseaux sociaux comme une critique acerbe de la gestion de la propreté à Paris par Anne Hidalgo. Ce mouvement, qui a su s'ancrer dans le débat public, constitue désormais un sujet central pour la droite et l'extrême droite à l'approche des municipales de 2026.
Rachida Dati, membre des Républicains, et Sarah Knafo, de Reconquête, exploitent habilement les codes du mouvement pour attirer l'attention sur les critiques autour de la propreté de la capitale. Au micro de TF1, Emmanuel Grégoire, ancien adjoint d'Hidalgo, a récemment reconnu les failles de la mairie sur ce sujet : « Bien sûr qu'il y a des ratés. On peut encore améliorer les choses ». Une affirmation qui souligne la vulnérabilité du bilan actuel face aux attaques des opposants.
Dès son émergence en mars 2021, #SaccageParis a été porté par des citoyens indignés. Selon Antoine Sander, chercheur en sciences politiques à l'Université de Cambridge, « les utilisateurs de Twitter ont réussi à créer un mouvement puissant, ouvrant un nouveau front dans les élections à venir ». Les milliers de tweets diffusés à cette époque décrivent un Paris en déclin, avec des images de délabrement et d'encrassement devenues emblématiques.
Ce mouvement a eu un impact rapide : la mairie a dû prendre conscience de ses lacunes et répondre aux critiques, notamment via des campagnes de mise en avant de ses agents de propreté. Cependant, le hashtag a également permis à l'opposition de relancer son discours, comme le rappelle Rachida Dati dans une vidéo où elle dépeint une place de la République en dégradation par la gestion de la gauche.
L'impact du mouvement dans le discours politique
Les répercussions de ce mouvement se font ressentir jusqu'au sein des discours des élus : Dati promet un Paris « propre 24h/24 », tandis qu'elle dénonce l'état des rues dans des quartiers populaires, soulignant aussi l'insécurité. Cette amalgamation de propreté et d'insécurité fait écho à des préoccupations plus larges dans les débats politiques.
Des comptes comme @SaccageParis, qui prônent une vision extrême des enjeux de la propreté, contrastent avec @PanamePropre, qui défend une critique plus modérée bien que puissamment relayée. Ce jeu d'opinions met en exergue une précieuse dynamique politique en cours, faisant écho à une tension entre différentes factions de droite.
Pourtant, la gauche continue de se concentrer sur des sujets tels que l'accès au logement et à la santé. Anne Hidalgo, tout en étant la cible des attaques du mouvement, peut tout de même se rappeler que des précédents maires ont également subi de vives critiques, une réalité qui a parfois marqué la campagne politique de la ville. Le combat pour Paris est loin d'être terminé.







