Paris (France) – Trois agents de police seront jugés en novembre pour les violences subies par le producteur de musique Michel Zecler, une affaire qui a suscité une onde de choc, atteignant même les hautes sphères de l'État. Cette information a été confirmée par l'AFP, suite à des sources proches du dossier.
Les policiers, âgés de 28, 37 et 49 ans, comparaitront du 9 au 19 novembre devant la cour criminelle de Paris pour des faits de violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de 45 jours, en réunion et armés. Ils sont également accusés de faux en écriture publique.
Les événements se sont déroulés le 21 novembre 2020, lorsque Michel Zecler a été interpellé près de son domicile pour non-port de masque en période de Covid et soupçon de consommation de cannabis. Il a ensuite été violemment agressé dans son studio d'enregistrement, sous l'œil d'une caméra de vidéosurveillance, avant que les images ne soient diffusées par le site Loopsider, provoquant une couverture médiatique intense.
Une ordonnation de renvoi a décrit une "avalanche de coups" durant quatre minutes comme étant "non justifiée" et inscrite dans un cadre d'action illégitime. Toutefois, les juges d'instruction ont écarté tout caractère raciste dans cette agression. Michel Zecler a affirmé qu'un des policiers, Aurélien L., avait proféré des insultes racistes, mais les juges ont indiqué que les preuves présentées n'étaient pas suffisantes pour valider ces accusations.
L’avocate de Zecler, Me Caroline Toby, a exprimé son regret face à cette décision, soulignant que les témoignages de racisme étaient clairs et cheminant vers la reconnaissance de la gravité des actes. Selon elle, son client désire ardemment ce procès pour tourner la page de cette douloureuse épisode.
Le ministère public avait plaidé en faveur de la reconnaissance d'une circonstance aggravante, ajoutant une pression sur le système judiciaire. En novembre dernier, la Défenseure des droits, Claire Hédon, a appelé à une enquête déontologique contre les policiers concernés pour des propos jugés inacceptables, soulignant le besoin de restaurer la confiance du public envers les forces de l'ordre.
Un quatrième policier, âgé de 40 ans, répondra également de ses actes en correctionnelle, à la suite du lancement d'une grenade lacrymogène contre Michel Zecler et d'autres jeunes hommes présents. Les avocats des parties n'ont pas souhaité faire de commentaires en vue de ce procès imminent.







