L'ancien président du Sénégal, Macky Sall, demeure dans le flou quant à une éventuelle candidature au poste de secrétaire général des Nations Unies qui deviendra vacant fin 2026. Cette ambiguïté alimente les débats dans son pays, certains le soutenant tandis que d'autres critiquent son bilan en matière de démocratie et de gestion financière.
La possibilité de le voir à la tête de l'ONU a été relancée récemment, notamment lors de la visite officielle de Bassirou Diomaye Faye au Congo. Les autorités congolaises ont évoqué dans une déclaration que la candidature de Macky Sall pourrait bénéficier du soutien des États africains, une affirmation qui a suscité des commentaires passionnés au Sénégal.
Une candidature crédible ?
La rumeur d'une éventuelle candidature de Macky Sall a commencé à circuler à la fin de l’année 2025, alimentée par une rencontre avec Emmanuel Macron. Dans un entretien ultérieur, Sall a exprimé son intérêt pour le poste, affirmant que son expérience l'aiderait à relancer l'organisation. Alioune Tine, président de l'Afrikajom Center, estime que Sall pourrait bénéficier d'un réseau diplomatique influent, étant en contact avec des leaders majeurs tels que Poutine et d'autres pays africains.
Lobbying international
La déclaration de soutien de la présidence congolaise a éveillé des débats sur la scène politique sénégalaise. Un ancien conseiller de Sall a souligné l'importance d'obtenir des alliés internationaux pour sa candidature. Umaro Sissoco Embaló, président de la Guinée-Bissau, a déjà publiquement soutenu Sall, le qualifiant de candidat idéal. Cependant, il est important de noter qu'Embaló partage désormais l'exil de Sall au Maroc, après un coup d'État dans son propre pays.
Course pavée d'obstacles
Pour convaincre les membres du Conseil de sécurité, Macky Sall devra jouer sur ses expériences antérieures en tant que président du Sénégal, mais également dans diverses organisations internationales. Néanmoins, des défis persistent, notamment la tradition de rotation entre continents, qui pourrait rendere sa candidature moins probable si le poste est considéré comme revenant à un pays d'Amérique Latine.
Polémique au Sénégal
Au sein du Sénégal, le débat sur la candidature de Sall reste divisé. Les partisans voient une opportunité pour valoriser l'Afrique sur la scène internationale, tandis que de nombreuses voix s'élèvent contre lui, citant son bilan en matière de droits humains. Seydi Gassama d'Amnesty International a dénoncé son utilisation des institutions pour réprimer l'opposition.
Alors que le nouveau gouvernement a promis d'examiner les événements violents survenus sous son mandat, aucun commentaire n'a été émis par le président actuel Bassirou Diomaye Faye ou Ousmane Sonko à ce sujet. Certaines personnalités politiques, comme le député Guy Marius Sagna, expriment leur opposition, considérant un soutien à Sall comme une trahison.
Malgré tout, le débat demeure ouvert, avec certains membres de la majorité qui plaident pour soutenir la candidature de Sall en soulignant qu'il pourrait servir le bien de la nation et de l'Afrique. Ce sujet sera également abordé lors du prochain sommet de l'Union Africaine prévu en février 2026.







