Lors d'un vote marqué par des tensions, la Chambre des députés argentine a adopté un projet de loi visant à réduire de 16 à 14 ans l'âge de la responsabilité pénale. Ce changement, soutenu par le président Javier Milei, est en passe d'être examiné par le Sénat. Avec cette mesure, l'Argentine, qui détient actuellement le record du plus haut âge de responsabilité pénale en Amérique du Sud, se rapproche des normes en vigueur dans la plupart des autres pays de la région, où cet âge s'établit généralement à 14 ans, 12 ans au Brésil et en Équateur.
La responsabilité pénale marque l'âge à partir duquel un mineur peut être tenu légalement responsable de ses actes. Ce débat s'est intensifié à la suite d'incidents violents impliquant des adolescents, comme la récente affaire tragique survenue dans la province de Santa Fe, où deux jeunes ont été impliqués dans le meurtre brutal d'un autre adolescent.
L'opposition s'est vivement opposée à cette réforme, dénonçant un processus législatif jugé précipité. Selon des enquêteurs et des défenseurs des droits des enfants, la majorité des experts entendus lors des auditions avaient exprimé des réserves sur le bien-fondé de ce projet. Ils soulignent également l'inadéquation des infrastructures pénitentiaires existantes pour accueillir les jeunes délinquants, tout comme les fonds alloués à cette réforme, jugés insuffisants pour une mise en œuvre efficace.
«La politique devrait privilégier des solutions humanitaires et non enfermer des mineurs dans des prisons», a réagi Victoria Tolosa Paz, députée d'opposition, ajoutant que cette approche ne ferait qu'aggraver les problèmes sociaux auxquels sont confrontés les jeunes défavorisés.
Du côté du gouvernement, le soutien à cette réforme repose sur l'idée que «délit d'adulte, peine d'adulte». Ramiro Gutiérrez, député de la majorité, a défendu le projet en arguant que «à 14 ans, un individu est capable de comprendre la gravité de ses actes».
Pour mettre en perspective cette réforme, il convient de noter qu'en France, un mineur peut être reconnu juridiquement responsable à partir de 13 ans, avec un système qui inclut des dispositifs spécifiques pour les mineurs devant être jugés.







