Après deux décennies de rénovations, le croiseur russe Admiral Nakhimov, pesant 28 000 tonnes, vient de terminer une première phase d’essais en mer. Pendant ce temps, l’Ukraine a révolutionné la guerre navale grâce à l'utilisation de drones.
Depuis quelques mois, l’Admiral Nakhimov a enfin pris la mer après 25 ans de travaux qui ont transformé ce navire en une plateforme de puissance de lutte moderne.
Alors qu’il achève son premier test, les autorités ukrainiennes exploitent désormais des drones à faible coût pour redéfinir le combat maritime. Cette dynamique soulève des interrogations quant à la pertinence d’un investissement aussi colossal du côté russe.
80 cellules de lancement en plus
Le croiseur, récemment modernisé, est équipé de nouveaux radars et d'une puissance de feu renforcée. Au total, la Russie a engagé près de 5 milliards de dollars dans cette refonte, initialement présentée comme une simple remise à niveau.
Ce vaisseau de guerre, l’un des derniers de son genre, est doté de 80 cellules pouvant tirer des missiles de croisière Kalibr, ainsi que des missiles anti-navires Oniks et des missiles hypersoniques Zircon.
Selon Navy News, l’intérêt de maintenir un tel navire, considéré comme un vestige des temps de la Guerre froide, est discuté alors que l'Ukraine s'appuie massivement sur des drones militaires. D’après le site ukrainien Defense Express, les forces de Kiev ont prouvé leur aptitude à contrecarrer les opérations navales ennemies en utilisant des systèmes sans pilote peu coûteux.
Sa mise en service coïncide avec la perte tragique du croiseur Moskva, l’un des échecs majeurs endurés par la Russie depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. L’Admiral Nakhimov est désormais souvent perçu comme un outil de présence maritime plutôt qu’un acteur clé dans le théâtre des opérations.
Le Dr Nicolas Mazzucchi, expert en stratégie navale au Centre d’études stratégiques de la Marine, indique que le principal défi auquel fait face la marine russe n’est pas tant l’adoption de technologies modernes, mais plutôt la capacité à gérer efficacement l’entretien et l’évolution de tels navires, tels que l’Admiral Nakhimov. Cette question cruciale est explorée dans une réflexion publiée en novembre dernier.







