Le président Donald Trump, affaibli sur le plan politique, se présentera mardi face au Congrès américain pour le premier discours de l'état de l'Union de son second mandat. Après un an à gouverner sans entrave, il se trouve désormais à un tournant crucial, critiqué non seulement pour sa gestion de l’immigration, mais également mis à mal par une récente décision de la Cour suprême concernant ses droits de douane.
Ce discours, un moment solennel qui attire l’attention de tout le pays, sera l'occasion pour Trump de dresser un bilan de sa première année et d'exposer ses priorités face aux membres du Sénat et de la Chambre des représentants. En mars 2025, il avait déjà tenu une allocution à ce même endroit, alors qu'il célébrait sa victoire à la présidentielle.
Malgré l'effervescence générale d'une réélection, les promesses d’un « retour en force » semblent désormais plus fragiles. Les experts, tels que Todd Belt, professeur de sciences politiques à l'université George Washington, soulignent que les électeurs sont de plus en plus mécontents de la hausse des prix et que ce sentiment pourrait déterminer les élections de mi-mandat en novembre prochain.
Lors de son dernier discours en Géorgie, Trump a tenté de rassurer le public en clamant avoir vaincu le coût de la vie, mais les faits contredisent cette affirmation. Comme l'a fait remarquer Belt, « les gens savent ce qu'ils dépensent », et tout mensonge sur la situation économique se retournera contre lui.
Un Congrès inquiet
Les démocrates s’inquiètent également de la possibilité de perdre de nouveau la Chambre des représentants et une partie du Sénat en novembre. Trump a déjà averti que si son parti devait perdre sa majorité, il pourrait faire face à une procédure de destitution orchestrée par ses opposants.
Sa gestion des crises s'est récemment ébranlée. Par exemple, il a dû retirer une vidéo controversée publiée sur son compte Truth Social, une décision qui a suscité des critiques jusque dans ses propres rangs. En outre, Trump a suspendu une grande opération de police de l'immigration après que la ville de Minneapolis ait étant le théâtre de manifestations suivies de tragédies humaines.
À l'échelle internationale, Trump a également fait marche arrière sur sa proposition d'annexion du Groenland, préférant opter pour un compromis lors de sa participation au Forum de Davos.
Alors que la Justice américaine commence à traiter des recours contre ses décisions, Trump pourrait bien faire face à d'autres revers sur plusieurs fronts, allant de l'économie à la politique d'immigration. Comme l'a remarqué un magistrat dans une affaire récente, « Alors Jésus se mit à pleurer », soulignant la gravité des enjeux liés au traitement des enfants migrants.
Avec AFP







