Soumise à des frappes journalières de missiles et de drones, Dubaï subit une pression économique croissante. Les expatriés et entreprises présentes dans l'émirat s'interrogent sur la pertinence de rester ou de faire leurs valises.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Il est tard, et Pierre-Henri Dufiet, entrepreneur à la tête de "Eden Gourmet", peine à trouver le sommeil. Le bruit des avions de chasse qui survolent son immeuble l'angoisse. En s'installant à Dubaï il y a trois ans, il avait espéré un cadre de vie sécurisé, inaccessible ailleurs. Pourtant, ces derniers jours, un sentiment d'insécurité domine. "J'ai pris des photos d'attaques interceptées, des explosions visibles depuis mon balcon. C'est angoissant; jamais je n'aurais pensé qu'un tel événement surviendrait ici," confie-t-il, l’inquiétude palpable.
L'érosion de la communauté expatriée
Dans son immeuble, la majorité des occupants ont fui, ne laissant que 5% des résidents. Malgré tout, Pierre-Henri choisit de rester pour préserver son projet professionnel. "Je sors un peu, je revois mes clients. Mais la tension psychologique est intense, et c'est ce qui est le plus difficile à gérer. Je me sens en sécurité, mais le stress est omniprésent," raconte-t-il.
La question de partir ou de rester s'est inscrite dans l'esprit des 60 000 expatriés français présents à Dubaï depuis le début de la guerre. Pour Martin Tronquit, entrepreneur, la décision fut de rester, malgré les récentes explosions. Après onze ans passés dans la ville, ils se perçoivent encore chanceux. "On n'est pas les plus à plaindre. D'autres pays comme le Liban ou Israël souffrent bien plus," tempère-t-il. "La vie ici reste assez normale malgré les alertes. Cela dit, on fait très attention à notre sécurité."
Impact sur les enfants et l'éducation
Les écoles à Dubaï, fermées précocement, pèsent sur le moral des familles. Sabrina Tronquit, mère de famille, constate : "Cette guerre marquera durablement Dubaï. L’attractivité de la ville sera impactée dans les années à venir." Elle évoque une résilience face aux crises, mais présage une baisse des expatriations futures.
Marcus Lawrence, entrepreneur, exprime son décalage face à cette situation inattendue. "Cette ville est synonyme de sécurité, et nous ne nous attendions pas à traverser une telle crise," affirme-t-il, tout en partageant son expérience via ses vidéos sur YouTube, suivies par 300 000 personnes.
Priorité à la sécurité personnelle
Concernant la guerre, Marcus choisit de ne pas en parler sur les réseaux sociaux, réfléchissant d'abord à sa propre sécurité. "Sur le moment, tu as du mal à penser à autre chose qu'à ta survie. C'est un sentiment déroutant de réaliser les dangers réels auxquels nous faisons face," dit-il. Il a décidé de rester, tandis que ses frères, qui s'étaient joints à lui, se préparent à rentrer à Paris, espérant un retour dès que le climat s'améliorera au Moyen-Orient.







