Depuis des décennies, une lutte silencieuse s’est intensifiée entre Israël et les États-Unis d’un côté, et l’Iran de l’autre. Les opérations clandestines incluent des sabotages et des éliminations ciblées, illustrant une guerre non conventionnelle qui rappelle les intrigues d’un film d’espionnage.
Le 27 novembre 2020, Mohsen Fakhrizadeh, physicien nucléaire accompli et général des Gardiens de la Révolution, se rend à sa résidence d’Absard, près de Téhéran. Son convoi, bien que sécurisé, ne peut éviter l’attaque méticuleusement orchestrée. À peine arrivé, une mitrailleuse télécommandée, dissimulée dans un véhicule stationné, ouvre le feu avec une précision dévastatrice. Les événements s’enchaînent rapidement, et alors que Fakhrizadeh sort, il se retrouve mortellement touché. Cette opération, que le Mossad aurait réalisée avec une efficacité remarquable, a été orchestrée dans un contexte qui évoque les nouvelles méthodes de communication à distance.
Course à l'arme nucléaire
Le décès de Fakhrizadeh incarne un épisode parmi tant d'autres de ce conflit źnigmatique qui prend ses racines aux débuts de la République islamique. Lors de la révolution de 1979, le nouveau régime s'inscrit en faux contre les États-Unis et Israël. Ce conflit commence à se matérialiser au Liban avec des actes de violence imputables à des factions soutenues par Téhéran.
Au fil des ans, cette guerre se développe avec des programmes nucléaires et balistiques clairement définis par l'Iran. Face à ce défi, Israël et les États-Unis mettent en place une stratégie globale combinant pressions diplomatiques, sanctions économiques et attaques clandestines pour ralentir l'avancée nucléaire iranienne.
Le premier coup de feu de cette longue saga date de 1980 avec l’échec humiliant de l'opération « Eagle Claw » sous la présidence de Jimmy Carter, qui tentait de libérer des otages américains. Malgré cet échec, les années suivantes voient une étrange coopération entre les États-Unis et l'Iran durant la guerre Iran-Irak, lorsqu’une partie de l’aide militaire américaine parvient à Téhéran grâce à des intermédiaires israéliens. Cependant, après la guerre, les tensions redoublent et mènent à une spirale de violence et d'opérations clandestines qui précèdent encore les crises actuelles.
Guerre cyber
L'Iran, sous la pression des sanctions internationales, s'engage dans des démarches d'importation complexes, ouvrant des portes aux infiltrations de services de renseignement étrangers. Ces derniers ont réussi à introduire sur le marché des équipements défectueux, sabotant ainsi l'efficacité du programme nucléaire iranien, comme le révèle le rapport du Monde sur le sabotage de Natanz en 2021.
Les opérations cybernétiques, telles que l'infâme virus Stuxnet, démontrent à quel point le combat intellectuel s'est intensifié, attaquant directement les infrastructures industrielles. Parallèlement, des réseaux d'espionnage se sont infiltrés dans les sphères scientifiques iraniennes, amenant des agents de l'intérieur à jouer un rôle crucial dans cette guerre.
Dans la lutte actuelle, la cyberguerre est devenue un outil fondamental, créant des synergies entre opérations militaires, sabotages et efforts de renseignement. Il ne s'agit plus seulement d'éliminations, mais d'un effort concerté qui inclut des intrusions dans des infrastructures civiles, amplifiant ainsi la portée du conflit.
Face à la stratégie hybride iranienne, Israël et les États-Unis ont affûté leur doctrine de "guerre entre les guerres", favorisant des opérations discrètes mais impactantes. La lutte contre l'Iran ne s'arrête pas et, comme le souligne un analyste politique du Figaro, il est peu probable que le conflit se calme dans un avenir proche.







