Lors d'une interview, Couillard a déclaré que Cédric Prizzon, ancien policier soupçonné du double féminicide, est impliqué dans des dynamiques violentes nourries par des idéologies masculinistes. Le Haut Conseil à l’Égalité a soutenu une mobilisation citoyenne visant à demander l'entrée du dossier dans le cadre antiterroriste.
« Le 2 avril, nous avons lancé un appel clair à l'attention de la justice, pour qu'elle prenne en compte les implications d'un acte aussi tragique, où deux femmes ont perdu la vie dans un contexte de haine de genre », a-t-elle expliqué. Selon notre dernier rapport sur le sexisme, une part non négligeable de la population affiche des attitudes hostiles envers les femmes, ce qui soulève des inquiétudes face à la montée des idéologies masculinistes en France.
Prizzon, membre actif du groupe Facebook « Les Papas en colère », illustre le phénomène de radicalisation misogyne. « Ce n'est pas anodin d'être accusé d'avoir pris pour cibles deux femmes simultanément, c'est un message symbolique extrêmement fort », précise Couillard.
Malgré leur demande de saisine, le Pôle national antiterroriste a choisi de ne pas s'en saisir. Son procureur, Olivier Christen, a exprimé son respect pour la position du Haut Conseil, mais a rappelé l'importance de maintenir l'indépendance judiciaire. Ce choix a suscité des questions sur le traitement des violences faites aux femmes, qui continuent de présenter des chiffres alarmants.
« Nous observons un véritable phénomène de société. Les réseaux sociaux, avec leurs algorithmes, favorisent la diffusion de contenus masculinistes. Il est impératif d'agir, notamment par l'éducation dès le plus jeune âge », affirme Couillard, évoquant des initiatives visant à désamorcer ces discours de haine tout en sensibilisant aux droits des femmes.
Pour conclure, elle ajoute que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour fournir aux forces de sécurité les outils nécessaires pour identifier et neutraliser ces menaces potentiellement létales. Un combat de prévention contre le terrrorisme misogyne s'impose, non seulement à travers les mécanismes judiciaires, mais aussi par l'éducation et une meilleure sensibilisation.»







