La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a lancé un appel fort, ce jeudi 16 avril, aux acteurs de l'agroalimentaire afin de "se remettre autour de la table" et de discuter de la manière de "partager" les surcoûts résultant de l'inflation provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Elle a précisé qu'il ne s'agissait pas de réouvrir les difficiles négociations commerciales de l'année.
Dans le contexte de tensions géopolitiques croissantes, plusieurs industriels de l'agroalimentaire se sont plaints de surcoûts, en particulier sur les matériaux d'emballage. Annie Genevard a reconnu que si l'inflation sur les coûts de production, incluant le carburant et les engrais, persiste, "il serait peut-être nécessaire de renégocier ou d'envisager des avenants" aux contrats signés. Sur la chaîne Public Sénat, elle a déclaré : "Peut-être pas. Ces négociations viennent tout juste de se terminer et elles ont été dures. Mais il est évident qu'il faut voir comment ces coûts supplémentaires peuvent être partagés entre tous les acteurs".
"Les hausses des coûts de production sont sensibles", a-t-elle souligné.
De son côté, Serge Papin, ministre des PME et du Commerce, a suggéré qu'il pourrait être nécessaire de rouvrir les négociations commerciales en raison de cette inflation. "Chaque année, les discussions entre distributeurs et industriels se déroulent de début décembre à mars et influencent directement les prix en magasin", a-t-il noté.
L'organisation Pact'Alim, représentant 3 000 PME et entreprises de taille intermédiaire dans l'industrie alimentaire, a salué cette ouverture au dialogue. Selon eux, des augmentations de 15 à 30 % ont été observées pour les emballages plastiques, tandis que les emballages métalliques sont également touchés. Les charges additionnelles liées au transport maritime et terrestre s'accumulent également dans ce contexte.
Cependant, du côté des distributeurs, le PDG de la Coopérative U, Dominique Schelcher, a exprimé des doutes sur l'ampleur d'un éventuel impact inflationniste à court terme, estimant qu'aucune réouverture des difficiles négociations ne serait justifiée pour le moment.
Des sources officielles comme la Banque de France précisent que les coûts supplémentaires, notamment liés aux énergies, touchent principalement certains secteurs spécifiques et ne se répercutent pas encore significativement sur les prix à la consommation, qui, selon l'INSEE, restent mesurés à 2 % de hausse sur un an en mars.
Pour rester informé de l'évolution de cette situation, consultez les mises à jour sur les impacts économiques des conflits en cours, car la situation pourrait évoluer dans les semaines à venir.







