Dans une interview accordée au Parisien, Robert Bourgi, conseiller d'ancienne date de Jacques Chirac, n'a pas lésiné sur ses critiques à l'encontre de Dominique de Villepin. Selon lui, l'ancien premier ministre aurait reçu des cadeaux de grande valeur et participé à des transactions financières liées à la Françafrique.
À 81 ans, Bourgi, originaire de Dakar, soutient qu'il est temps de "régler ses comptes" avec Villepin, dont il craint une éventuelle candidature pour l'élection présidentielle de 2027. Il précise que c'est pour "soulager sa conscience" qu'il s'exprime, tout en rappelant des faits d'un autre temps.
Dans une récente émission de Complément d'enquête, diffusée le 30 avril, Bourgi a évoqué deux statuettes de Napoléon qu'il aurait remises à Villepin entre 2002 et 2003 : l'une offerte par l'ancien président burkinabé Blaise Compaoré, l'autre par un industriel italien. Bien que Villepin admette la réception des statuettes, il minimise leur valeur et se dit peu au courant de leur provenance. Bourgi, lui, reste ferme : "Dominique ne peut pas nier l'origine de ces objets".
Un passé pris au sérieux
Entre 1997 et 2005, Bourgi dit avoir été chargé de gérer "les gestes d'amitié" de chefs d'État africains vers Chirac, avec un montant total chiffré à environ 50 millions d'euros. Il affirme que Villepin était un interlocuteur privilégié dans ces affaires, indiquant que "le talon d'Achille de Villepin, c'est l'argent et le luxe".
Bourgi parle également d'une anecdote surprenante de son livre Ils savent que je sais tout, paru en 2024 : la livraison présumée de trois millions de dollars dissimulés dans des djembés en provenance du Burkina Faso. Villepin, d'après Bourgi, aurait même aidé à transporter ces instruments à l'Élysée, bien que toutes ces assertions soient désormais prescrites.
La riposte de Villepin
Face à ces accusations, l'entourage de Dominique de Villepin voit une manœuvre politique, insistante sur l'influence présumée de Nicolas Sarkozy derrière Bourgi. En contact avec le Parisien, ses proches parlent de "coups tordus" et rappellent qu'une enquête préliminaire sur des transferts d'argent clandestins avait été classée sans suite en 2011.
Bourgi, de son côté, assure vouloir s'exprimer sans aucune manipulation extérieure. Il déclare : "Je ne suis pas téléguidé, je règle mes comptes moi-même." Il n'hésite pas à critiquer les ambitions présidentielles de Villepin, notamment ses récentes prises de position et ses rapprochements idéologiques avec Jean-Luc Mélenchon.







