Le président français a plaidé, le 6 mai, pour une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, dissociée d'autres négociations, particulièrement sur le nucléaire iranien. Bien qu'une coalition maritime incluant la France et le Royaume-Uni soit prête à escorter les navires commerciaux dans cette voie stratégique, les incertitudes entourant le plan d'Emmanuel Macron sont préoccupantes, comme l'indiquent plusieurs médias américains.
“Cherchant à sortir de l’impasse du détroit d’Ormuz”, Macron a exhorté les États-Unis et l'Iran à rétablir la libre circulation maritime, “avant même de convenir d'un cessez-le-feu” dans le contexte de tensions prolongées. Sur le réseau social X, il a déclaré : “Il est impératif de revenir à la pleine liberté de navigation qui prévalait auparavant.”
Des responsables français ont exprimé leur espoir de convaincre Washington et Téhéran de dissocier la question maritime des discussions plus larges sur le programme nucléaire iranien et d'autres préoccupations. En cela, une telle approche pourrait permettre à la coalition maritime de garantir la sécurité des navires commerciaux, note Bloomberg.
Perte de son “pouvoir de négociation”
Selon une source proche du dossier, la France a déployé le porte-avions Charles de Gaulle en mer Rouge pour renforcer sa présence, bientôt accompagné de navires partenaires. Macron a affirmé que “la mission multinationale pourrait restaurer la confiance des armateurs et des assureurs”, donnant ainsi un semblant de normalité à une économie mondiale en crise, d'après le New York Times.
Le président a également invité son homologue iranien, Masoud Pezeshkian, à “saisir cette opportunité”, tout en planifiant une conversation avec Donald Trump sur le sujet. Son intervention montre la frustration croissante des dirigeants européens et asiatiques face aux répercussions économiques causées par le blocus maritime.
Cependant, le projet de Macron soulève de sérieuses inquiétudes. D'une part, l'Iran pourrait rejeter cette initiative, craignant pour son “pouvoir de négociation” vis-à-vis des États-Unis. Ensuite, la place de son offre dans le contexte complexe des pourparlers entre les deux pays demeure floue, surtout avec une nouvelle proposition américaine en cours d'examen.
Selon Bloomberg, l'offre française sera valable tant que l'Iran ne s'attaquera pas aux navires, et que “les compagnies maritimes puissent être rassurées”. La dangerosité de la situation a été mise en lumière mardi 5 mai, lorsqu'un porte-conteneurs de la compagnie française CMA CGM a subi des tirs iraniens alors qu'il tentait de traverser le détroit, causant des blessures à plusieurs membres d'équipage.







