Le 8 mai, la Corse commémore non seulement la victoire contre le nazisme, mais aussi la bataille historique de Ponte-Novu. L'association "U Ricordu di Ponte Novu" souligne l'importance de reconnaître ces deux moments emblématiques sans hiérarchie, honorant ainsi tous les morts qui ont marqué l'histoire corse.
Cette date revêt une double signification pour les Corses. En effet, elle marque la capitulation de l'Allemagne nazie en 1945, tout en rappelant la défaite des troupes de Pasquale Paoli à Ponte-Novu en 1769 face à l'armée de Louis XV, symbole de la perte de l'indépendance corse. Dans ce cadre, Tumasgiu Marchetti, président de l'association, insiste sur le fait que "ce sont des Corses qui ont combattu pour leur terre, que ce soit en 1769 ou durant les Grandes Guerres". Cette continuité historique est essentielle dans le discours et les commémorations.
Une commémoration ouverte à tous
L'événement débutera à 14 heures avec une conférence animée par Pierre‑François Marchiani, suivie d'une messe et d'une procession pour honorer les stèles. Tumasgiu Marchetti souligne que cette journée appartient à tous les Corses, indépendamment de leurs origines. "Nous voulons accueillir chaque visiteur dignement", déclare-t-il, insistant sur le fait que l'événement dépasse les frontières politiques.
Avec un regain d'intérêt observé depuis près de dix-sept ans, le nombre de participants ne cesse d'augmenter. D'anciennes commémorations peu fréquentées se sont transformées en un rassemblement majeur, attirant parfois plus d'un millier de personnes. Même si une certaine stagnation s'est fait sentir récemment, les rituels, dont le poignant Libera me chanté au pont, restent profondément ancrés dans la tradition.
« La terre où des hommes sont morts pour leur liberté »
Tumasgiu Marchetti rappelle que le site de Ponte-Novu a un poids symbolique et spirituel fort. Le programme de cette année mettra également l'accent sur la spiritualité et la foi catholique. Toutefois, l'événement vise surtout à renforcer les liens communautaires. "Ce n'est pas une question d'argent, mais de se retrouver ensemble, de partager, et de mémoriser notre histoire collective d'une manière vivante et inclusive," conclut le président.







