Les magistrats français se retrouvent au cœur d'attaques sans précédent, tant de la part du grand public que de puissances étrangères. Le dernier épisode, tiré de "Complément d'enquête", met en lumière les menaces qui pèsent sur la justice française en raison d'interférences étrangères.
Suite à la condamnation de Marine Le Pen à deux ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité pour l'affaire des assistants du Parlement européen, des rumeurs ont circulé évoquant une possible sanction américaine à l'encontre des juges impliqués. Bien que ces allégations aient été réfutées, une magistrate française a révélé une tentative d'ingérence qu'elle a vécue. Magali Lafourcade, secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), a reçu dans son bureau à Paris deux diplomates américains. Ils sont venus faire valoir les droits de Marine Le Pen, soutenue par Donald Trump, qui avait clamé son soutien via les réseaux sociaux avec un "Free Marine Le Pen".
Magali Lafourcade a déclaré avoir eu l’impression que les émissaires cherchaient à récolter des informations pour appuyer l'idée que la situation de Le Pen était le résultat d'attaques politiques de la part du gouvernement d'Emmanuel Macron. Ils ont même suggéré que la CNCDH pourrait intervenir en faveur de Le Pen. Elle a aussitôt alerté le ministère français des Affaires étrangères, qui n'a pas répondu à "Complément d'enquête", tout comme les diplomates américains.
quand l'administration Trump cible des juges
Un autre magistrat français, Nicolas Guillou, juge à la Cour pénale internationale, fait également les frais d'ingérences américaines. Depuis près d'un an, il est sous sanctions après avoir approuvé un mandat d'arrêt pour crimes de guerre contre Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, un proche de Trump. Ces sanctions impactent non seulement sa capacité à voyager aux États-Unis, mais elles bloquent également des transactions pour lui et sa famille, y compris des services bancaires américains qu'il doit désormais évoquer en liquide. Guillou, choqué par cette situation, a déclaré : "Le tabou a été levé". Il souligne que l'afflux de telles sanctions provoque un climat de peur et d'incertitude et qu'elles montrent à quel point les États-Unis sont prêts à affecter des décisions judiciaires à l'échelle internationale.
Au total, onze juges et procureurs de la Cour pénale internationale ont été ciblés par ces sanctions. Nicolas Guillou est le premier magistrat français à subir ce traitement. Ce développement préoccupant soulève des questions sur l’indépendance de la justice en France et sur les implications d'une telle pression extérieure.
Extrait de "Laxistes ? Gauchistes ? Les juges pris pour cible !", diffusé dans "Complément d'enquête" le 28 mai 2026.







