Après avoir perdu sa mère, atteinte d'un cancer du pancréas en décembre 2025, Alexandre Roussel s'engage dans un combat politique et médiatique. Chercheur à l'Iris, il souligne l'urgence de sensibiliser le public sur les effets délétères du cadmium et des polluants sur la santé.
Jeune chercheur récemment intégré au programme "Énergie et matières premières" de l’Iris, Alexandre Roussel voit sa vie bouleversée lorsque sa mère, Milena Roussel, est diagnostiquée d’un cancer du pancréas. Elle succombe au bout de trois mois le 6 décembre 2025, entourée de ses proches. "Après quelques séances de chimiothérapie, son état de santé s'est détérioré très rapidement", se souvient-il avec émotion.
Bien que cette tragédie personnelle ait profondément marqué sa vie, elle devient le catalyseur d’une lutte contre un ennemi redoutable : le cadmium, un métal lourd utilisé dans certaines pratiques agricoles, qui contamine largement nos cultures de céréales et de légumes. L’équipe médicale ayant suivi sa mère attribue sa maladie à l’exposition aux pesticides et à un environnement pollué. "Face à une telle fatalité, je refuse d’accepter cette injustice", déclare-t-il, déterminé à agir.
"La force et la rage d’agir"
"Accepter signifierait tourner la page. Je refuse de me résigner face à cette injustice. Ce refus me motive et me pousse à agir, à m'exprimer dans les médias et à mobiliser un collectif de soutien", affirme un Alexandre Roussel déterminé. En quelques mois, il accumule un nombre impressionnant de publications sur le cadmium et ses impacts sanitaires, révélant un véritable scandale de santé publique ignoré depuis trop longtemps, comme l’indique un rapport récent de l’Anses.
"Le cadmium est reconnu comme cancérigène depuis 1993, mais peu d'actions significatives ont été mises en place depuis", déplore-t-il. Plusieurs mises en garde ont été lancées, mais l'ampleur du problème demeure minimisée. "Pour mobiliser l’opinion, il est crucial d’incarner les luttes. Les décisions politiques impactent directement les vies humaines", insiste-t-il.
À l'instar de Fleur Breteau, qui a précédemment interpellé les députés sur les conséquences des pesticides, Alexandre Roussel proclame que "ceux qui votent contre la loi sur le cadmium votent pour la mort". Cette déclaration forte vise à alerter sur l’urgence de la situation.
Son engagement lui permet de s’allier à des figures politiques comme Benoît Biteau et Clémentine Autain, qui ont proposé une loi visant à réduire l’exposition au cadmium, adoptée par l’Assemblée nationale le 3 juin dernier. "C’est une première victoire, mais elle doit être confirmée par le Sénat, sans modifications", souligne Roussel.
Un "raz-de-marée" de cancers ?
Alexandre Roussel avertit que la France doit se préparer à un véritable "raz-de-marée" de cas de cancers liés aux pesticides et autres polluants. "Le nombre de cancers du pancréas a quadruplé en trente ans en France, et cette tendance s’aggravera", prédit-il. Sur le plan personnel, il relie son engagement à ses travaux à l’Iris, expliquant comment un scandale comme celui du cadmium illustre une crise environnementale ayant des répercussions sanitaires et économiques considérables.
En somme, Alexandre Roussel se positionne comme une voix essentielle dans la lutte contre les polluants, déterminé à transformer sa douleur en un appel à l'action et à la prise de conscience collective.







