Dans son domicile havrais, Édouard Philippe s'illustre en animant "la plus grande réunion d'appartement de France", réunissant près de 9 500 participants à travers un millier de salons virtuels durant une canicule estivale. En revisitant un format qu'il a éprouvé lors de ses campagnes municipales, l'ancien Premier ministre se prépare pour l'élection présidentielle de 2027.
Situé dans le quartier Saint-Roch, non loin de l'Hôtel de ville, le maire du Havre a organisé plus de 130 réunions de proximité dans sa ville, permettant aux citoyens d'aborder des sujets variés, allant de la rénovation urbaine à l'entretien des espaces publics. "C'est le b-a ba de la politique locale. J'ai toujours cru en cette approche pour toucher ceux qui ne fréquentent pas les réunions publiques", partage Édouard Philippe.
En vue de la présidentielle, l'équipe du mouvement Horizons souhaitait intensifier l'impact de ces échanges en les transformant en un événement national. Le résultat ? 953 salons connectés, avec des participants venant de toute la France et même de l'étranger, prouvant une volonté de communauté et d'échange.
Les figures du parti ont également mis un accent particulier sur l’ambiance de ces réunions. Par exemple, le secrétaire général Christophe Béchu a réceptionné des invités dans son jardin à Angers, tandis qu'Arnaud Péricard a organisé une rencontre à Saint-Germain-en-Laye, le tout dans une convivialité renforcée.
Au Havre, la modération du débat a été assurée par Julie de Pimodan, qui a su jongler avec les questions techniques et les interventions longues du candidat. Au cours des échanges, Édouard Philippe a donné un aperçu de sa personnalité : "Ma barbe et mes sourcils ont été les plus embarrassants à perdre après Matignon", admet-il, tout en évoquant son attachement à sa famille.
Interrogé sur ce qu'il considère comme son plus grand échec, il évoque les restrictions de vitesse à 80 km/h, avouant : "Je n'ai pas le sentiment d'avoir fait erreur sur l'objectif, mais la manière... Je ferais différemment aujourd'hui".
Les questions politiques ont rapidement pris le dessus, notamment sur la concurrence au sein du bloc central. Philippe affirme qu'aucune primaire ne sera organisée, mais que "un candidat saura capter l'attention des Français plus qu'un autre".
Sur la fonction présidentielle, Édouard Philippe rappelle qu'Emmanuel Macron souhaitait intervenir directement dans de nombreux arbitrages. Cependant, il propose une vision différente, citant Albert Camus : "Un homme, ça s'empêche". Ainsi, selon lui, un président doit se concentrer sur l'incarnation de la France et rassembler les Français sans s'impliquer dans les détails exécutifs.
Les discussions ont également abordé l'écologie et les référendums. Philippe souhaite en dédramatiser le processus pour les rendre plus réguliers et pertinents. Néanmoins, une question d'un participant guadeloupéen est venue rappeler les controverses passées autour de ses déclarations sur le colonialisme. Il a reconnu que c'était une "réponse trop courte à une question complexe".
Pour conclure cette session interactive de plus d'une heure et demie, Édouard Philippe a promis de réitérer ce format lors de la première quinzaine de septembre, avec une idée d'aborder un thème spécifique, possiblement avec un invité. "Ces échanges dépassent largement un simple meeting", a déclaré son équipe, soulignant l'importance de ce format dans la stratégie de campagne.







