Selon une enquête menée par L’Incorrect, le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) fait face à des fragilités inquiétantes. Entre son militantisme politique et sa gestion financière opaque, l’association est mise sous le feu des interrogations. Malgré les efforts pour contourner la polémique, le CRAN n'a pas répondu aux demandes d'éclaircissements du magazine.
Créé en 2005, le CRAN s'est d'abord imposé comme un acteur essentiel du débat public autour des discriminations raciales, de la mémoire de l'esclavage et des réparations coloniales. Toutefois, L’Incorrect soulève des points critiques qui jettent une ombre sur son fonctionnement. L'enquête s'interroge notamment sur la conformité du CRAN avec le régime fiscal du mécénat, qui permet aux donateurs de bénéficier d'une réduction d'impôt.
Pour ouvrir droit au mécénat, une association doit répondre à un intérêt général et ne pas favoriser un « cercle restreint ». Le CRAN défend explicitement les « populations noires de France, d’origine africaine ou antillaise », ce qui soulève des questions sur la nature universelle de son combat contre le racisme, d’après L’Incorrect.
Le magazine souligne également que la dimension militante du CRAN pourrait poser des problèmes. Non seulement l'association défend des victimes, mais elle mène également des campagnes publiques et engage des actions en justice, ce qui pourrait être en contradiction avec le cadre fiscal prévu pour les associations. La jurisprudence récente, qui a restreint les activités de lobbying, pourrait avoir un impact sur la légitimité du CRAN à recevoir des dons défiscalisés.
Une gestion interne remise en cause
Le volet le plus préoccupant de l’enquête concerne les irrégularités dans la gestion interne. Après son élection à la présidence en 2018, Ghyslain Vedeux a constaté des anomalies comptables, entraînant une plainte et l'ouverture d'une enquête pénale en juillet 2020. D’après son avocate, les procès-verbaux mentionneraient des retraits d’espèces inexpliqués et des virements douteux, totalisant plus de 50 000 euros.
Louis-Georges Tin, ancien président du CRAN, conteste ces accusations, les qualifiant de diffamation. Selon lui, il dispose de documents bancaires justifiant les dépenses évoquées. Cependant, la suspicion demeure, mettant en lumière la fragilité de l'image du CRAN, particulièrement à une époque où la transparence est cruciale pour les associations qui gèrent des dons.
En effet, l'absence de clarté sur les finances du CRAN, notamment sur les subventions publiques et le montant des dons, alimente le scepticisme. L’Incorrect insiste sur le fait qu’aucun contrôle fiscal spécifique n’est documenté concernant l’éligibilité de l’association au mécénat.
Contacté par le magazine, le CRAN n’a pas donné suite, laissant de nombreuses questions sans réponse. L'administration fiscale a-t-elle vérifié les reçus délivrés? L’association respecte-t-elle les exigences du régime de l'article 200? Pourquoi, alors qu’elle est si active dans le débat public, le CRAN reste-t-il une entité si peu lisible financièrement?







