Des étudiants, travailleurs, et même jeunes élus, ils représentent l'avenir d'un parti qui s'inquiète de son vieillissement militant. Fraîchement adhérents au Parti Communiste Français, ces jeunes, la plupart âgés de moins de 25 ans, ont choisi de s'engager pour contribuer aux luttes sociales actuelles. Lors du 40e Congrès national du PCF qui se tient à Lille, l'Humanité a dialogué avec ces nouveaux membres qui ont rejoint le parti au cours des trois dernières années, motivés par des mouvements comme celui contre la réforme des retraites ou la lutte contre la montée de l'extrême droite.
Le PCF, dont le secrétaire national Fabien Roussel avait fixé un objectif ambitieux de 10 000 nouvelles adhésions lors de son dernier congrès, affiche 7800 nouvelles cartes, tout en reconnaissant que cela ne compense pas les pertes, comme le souligne le maire de Saint-Amand-les-Eaux. Parmi ces nouveaux venus, on trouve des visages neufs, parfois motivés par des événements marquants ou des campagnes inspirantes.
« Les résultats du RN aux européennes, suivis par la dissolution de certaines institutions, ont été un choc pour moi, se remémore Ilyana Bachar, adhérente de la fédération de Haute-Savoie. J'ai rejoint le PCF pour m'engager activement dans la lutte. La jeune femme, étudiante à Sciences Po Paris, arbore fièrement un maillot de foot aux couleurs palestiniennes lors des débats au Grand Palais de Lille, témoignant de son désir d'un antifascisme engagé.
Politisation dans les cortèges
Ilyana n'est pas seule. Lucie Attali, 20 ans et adhérente depuis 2024, partage une expérience similaire. Sa prise de conscience politique a été déclenchée par les manifestations contre la réforme des retraites : « Le PCF était la seule organisation présente pendant les blocus de mon lycée. Elle explique aussi que l'impact social du macronisme l'a poussée à vouloir agir immédiatement, et c'est le PCF qui lui est apparu comme le parti le plus efficace pour des actions locales concrètes.
De la même manière, Bastien Launay, 21 ans, a aussi rejoint le PCF au printemps 2023 pendant les manifestations. « J'ai choisi le PCF, car je me retrouve mieux sur les sujets du nucléaire et de la démocratie interne, confie-t-il. Pour lui, cette adhésion prend les couleurs d'une revanche politique, étant issu d'une famille d'électeurs du RN.
Une lutte contre le RN
Pour Hugo Coeurdacier, 28 ans et désormais maire de son village, l'adhésion au PCF s'est faite lors des législatives anticipées de 2024. Dans son département, le RN a réussi à faire élire deux députés au premier tour, ce qui l'inquiète profondément. « Les luttes locales autour de l'accès à la santé sont cruciales, surtout avec les restructurations de l'hôpital de Langres, qui attisent les colères, précise-t-il.
Oscar Joliat, 20 ans, vivant en Moselle, partage également ce constat amer : « Le député RN est omniprésent dans ma ville, et même mes amis tombent dans ses attraits. C'est pourquoi il a rejoint le PCF en février 2026, motivé par un héritage social fort.
« On peut faire plus et mieux »
Pour ces jeunes communistes, il s'agit d'une volonté de renouvellement du PCF. Lucie Attali milite pour que le parti prenne en compte des thématiques comme le féminisme, en insistant sur l'importance de faire confiance à la jeunesse. Baptiste Launay, quant à lui, souhaite aborder des enjeux contemporains tels que les violences policières et l'antiracisme, qu'il juge trop souvent négligés.
Au-delà des luttes actuelles, ils sont conscients des enjeux électoraux de 2027, et envisagent sérieusement la candidature du PCF, tout en gardant en tête la responsabilité de préserver la République face à l'extrême droite. Leurs échanges au congrès témoignent de leur détermination à faire entendre leur voix.
Avec ces engagements, ces jeunes adhérents se positionnent comme un souffle nouveau pouvant bousculer les codes et faire avancer le PCF, tout en affirmant leur volonté de combattre ensemble les forces qui menacent les valeurs qu'ils défendent.







