Jean Lassalle, ancien député des Pyrénées-Atlantiques, annonce sa troisième tentative pour la présidentielle de 2027. Ce vendredi, il a lancé une cagnotte en ligne pour financer sa campagne. Dans une interview accordée à Ici Béarn, il déclare : « Je ne supporte plus ce que devient notre pays. Je crois avoir soulevé des sujets ignorés par les autres. Cette fois, je reviendrai sur ces préoccupations ». Lassalle avait obtenu 1,2 % des voix lors de sa première candidature en 2017 et 3,1 % en 2022.
Pour cette nouvelle aventure, l'ex-candidat espère réunir au moins 100 000 euros. « Je verrai cet automne si la cagnotte me permettra de concrétiser mes ambitions », a-t-il précisé, ajoutant qu'il a fait cet appel sur Facebook. Bien qu'il soit confiant quant à la collecte des 500 signatures nécessaires, il déplore le système financier restrictif qui pénalise les petits partis politiques.
« Les gens éprouvent de la sympathie pour moi. Mais le véritable obstacle, c’est le manque de soutien bancaire pour les petits partis. Les institutions ont créé un cadre électoral favorable aux gros partis, ce qui nuit à la démocratie », a-t-il souligné, rappelant son parcours au sein de l'UDF et du MoDem avant de fonder son propre parti, Résistons.
Une candidature axée sur la natalité et la bureaucratie
Lassalle souhaite mettre en avant des thématiques qu'il estime absentes du débat public. « Nous ne faisons plus d’enfants en France. Qui en parle vraiment ? » s’est-il interpellé, notant que « les jeunes craignent de bâtir des relations durables ». Il critique également « une bureaucratie qui pourrait faire pâlir d’envie l’Union soviétique » ainsi qu’un environnement « archi-financialisé où la France n'est plus vraiment la France ».
Ancien maire de Lourdios-Ichère pendant quarante ans et député du Béarn, Jean Lassalle a récemment subi une défaite aux législatives 2024. Celle-ci a suivi une campagne européenne où il s'était associé à la fédération des chasseurs, une alliance jugée coûteuse puisqu'elle a abouti à un score de seulement 2,5 %, insuffisant pour décrocher un siège au Parlement européen. Pour financer sa campagne, il avait auparavant lancé une première cagnotte pour rembourser des dettes de 1,5 million d’euros.
Si son nom fait écho dans les mémoires, c'est aussi grâce à des épisodes marquants : en 2003, il avait chanté l'hymne béarnais Aqueros mountagnos à l'Assemblée nationale, et trois ans plus tard, il avait mené une grève de la faim pour défendre des emplois menacés dans sa circonscription. Depuis l'automne 2025, il a également débuté une tournée de one-man-show, mêlant anecdotes personnelles et réflexions politiques.
Cependant, il a été critiqué pour des incidents à caractère sexiste tout au long de sa carrière, et une plainte pour agression sexuelle déposée en 2010 avait été classée sans suite par le parquet de Bordeaux en 2024.







