Ce mercredi 21 janvier, la commission de la défense nationale et des forces armées se penchera sur une nouvelle proposition de loi visant à reconnaître les victimes des essais nucléaires menés en Polynésie française. Ce texte a pour objectif d'améliorer les conditions d'indemnisation des personnes affectées. Mereana Reid-Arbelot, députée polynésienne et rapporteure de cette proposition, partage les avancées de ce travail parlementaire sur un sujet toujours aussi délicat, plus de 30 ans après le dernier essai, survenu en 1996.
Mereana Reid-Arbelot souligne l'importance de la proposition de loi, qui sera examinée lors de la commission ce mercredi et en séance publique le 27 janvier. "Nous avons initié un travail de collecte de données et d'auditions d'experts pour mieux appréhender les impacts des essais nucléaires," indique-t-elle. Il a été crucial de mettre à jour les connaissances sur ce sujet, notamment depuis que la première loi, la loi Morin, a été votée en 2010.
Entre 1960 et 1966, la France a effectué des essais nucléaires, d'abord dans le Sahara, puis en Polynésie, où 193 essais ont eu lieu entre 1966 et 1996. "Les conclusions de notre commission d'enquête ont prouvé qu'une rupture de confiance perdure entre les populations touchées par ces essais et l'État français," explique la députée. Le texte vise à restaurer cette confiance en adaptant la législation aux réalités scientifiques et en garantissant l'égalité de traitement pour tous.
Ce projet de loi représente également une chance unique pour les victimes de réévaluer leur situation. "Nous envisageons de remplacer le critère de causalité par une présomption d'exposition," précise l’élue. Cela pourrait permettre à de nombreuses personnes de bénéficier d'une indemnisation, indépendamment de l'exposition mesurée, qui était auparavant d'un millisievert par an.
Des craintes ont surgi concernant les potentialités abusives de cette loi. Cependant, les responsables de la Commission d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) ont rassuré que jusqu'à présent, aucune demande abusive n'a été enregistrée. De plus, des volets supplémentaires de la loi élargiront la définition des ayants droit aux proches des victimes, un geste essentiel pour renforcer le soutien familial dans ces situations difficiles.
A l'approche des anniversaires marquants des essais, ce sujet reste sensible et provoque des débats passionnés. Alors que certains considèrent ces essais comme une avancée vers la modernité, d'autres dénoncent les dégâts environnementaux, sociaux et psychologiques qui en découlent. Ce contexte appelle à une réflexion collective nécessaire pour reconcile les générations présentes et futures avec ce passé complexe.







