Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann à la recherche d'un lien direct avec l’opinion
En déclinant l'idée d'une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann vise à s'établir comme un fervent candidat réformiste, sans se laisser enfermer dans les clivages traditionnels entre social-démocratie et radicalité. Son objectif : transformer sa légitimité internationale en un lien tangible avec les citoyens français, un élément essentiel pour réussir à la présidentielle.
Au début de l'année 2026, Raphaël Glucksmann émerge comme l'un des candidats de gauche les mieux positionnés, aux côtés de Jean-Luc Mélenchon. Pourtant, il fait face à un dilemme majeur : comment rallier le Parti socialiste et les écologistes à sa candidature sans être consumé par les jeux de pouvoir internes des partis ? Sa volonté est de se positionner comme le leader d'un courant réformateur tout en évitant les conflits qui gangrènent la gauche. Cette réalité explique son refus participatif à la primaire impulsée par Olivier Faure, Marine Tondelier, François Ruffin et d'autres acteurs, lors du week-end du 24-25 janvier.
Pour lui, cette démarche ressemble à un piège, l'obligeant à choisir entre deux factions de la gauche : la social-démocratie représentée par le groupe PS à l'Assemblée, qui s'engage dans des négociations avec Sébastien Lecornu, et la gauche radicale portée par les anciens insoumis et les écologistes, tous réunis autour de Mélenchon pour renverser le gouvernement. Une telle compétition, dans un cadre aussi vaste, favorise la tendance à la radicalité.
La question de sa détermination ?
Il pourrait contourner ce dilemme en affûtant son image, car parfois son positionnement d'intellectuel en politique peut être perçu comme déconcertant. Raphaël Glucksmann veut se distinguer en incarnant une gauche morale, notamment face aux excès de Mélenchon. Il doit impérativement structurer son opposition à Mélenchon pour renforcer sa position comme rassembleur de la gauche. Cependant, à force de se distancer des conflits internes et de se consacrer à l'élaboration de ses idées dans l'ombre, des doutes émergent concernant sa combativité et sa capacité à surmonter les épreuves d'une campagne présidentielle. Son passage télévisuel récent face à Éric Zemmour, jugé peu convaincant, a agi comme un signal d'alarme.
Chaque campagne présidentielle est jalonnée d'imprévus, mais un principe demeure : un candidat doit articuler un lien direct avec l'opinion pour espérer remporter l'élection. Bien que l'eurodéputé de Place publique bénéficie d'une solide compétence en matière de politique internationale, contexte géopolitique actuel et tensions avec le pouvoir américain de Donald Trump et russe de Vladimir Poutine ajoutent une pression supplémentaire sur la campagne. Pourtant, il semble davantage à l'aise au sein du Parlement européen que lors d'événements populaires comme le Salon de l'agriculture. En politique internationale, la crédibilité est cruciale pour un futur président, mais pour être élu, il faut d’abord se confronter au quotidien des citoyens.







