Gilles Simeoni donne le coup d'envoi de sa campagne à Bastia en misant sur les quartiers sud

Gilles Simeoni démarre sa campagne pour les municipales 2026, en priorité sur les quartiers sud.
Gilles Simeoni donne le coup d'envoi de sa campagne à Bastia en misant sur les quartiers sud
Près de 150 personnes ont assisté, jeudi soir à Montesoro, à l’inauguration de la première permanence de campagne de Gilles Simeoni © Radio France - Roland Frias

Devant près de 150 personnes réunies ce jeudi soir à Montesoro, Gilles Simeoni a inauguré la première permanence de la liste de la majorité sortante. Le président du Conseil exécutif espère revenir à la mairie de Bastia en renforçant la présence politique et administrative dans les quartiers sud.

« C’est ce soir que commence véritablement notre campagne électorale », a déclaré Gilles Simeoni, vivement applaudi par la « présence nombreuse », qu'il a qualifiée d'« encouragement et de force » après « des semaines difficiles, y compris au niveau de la santé ». Son choix d'ouvrir la campagne dans ces quartiers n'est pas anodin. « Si nous sommes ici, à Lupinu, Montesoro, Paese Novu, Agliani, c'est parce qu'évolue ici la moitié de la ville », a-t-il précisé, réfutant les difficultés économiques et sociales que ces zones rencontrent fréquemment.

La liste Bastia Inseme, qu'il conduira, n'est pas encore entièrement révélée, mais le candidat a d'ores et déjà affirmé qu'elle serait élargie, comme depuis 2014. Il a accueilli des militants et sympathisants du mouvement indépendantiste Core in Fronte, des élus et soutiens du Parti socialiste, ainsi que des représentants d'associations et de citoyens non affiliés. « Nous aurons des femmes et des hommes de toutes générations, des militantes et des militants politiques, associatifs, ainsi que des personnes sans engagement particulier mais désireuses d'agir pour cette ville », a-t-il ajouté.

Dans son projet pour les quartiers sud, Gilles Simeoni promet des élus identifiés et présents « tous les jours ». « Il y aura une permanence quotidienne par au moins un élu de la majorité municipale », a-t-il assuré, tout en précisant que les habitants seraient en mesure d'obtenir des réponses rapides à leurs demandes. La création d’une mairie annexe, « une véritable maison des services publics avec guichet unique », représente un pilier central de son programme.

Réponse à Jean-Martin Mondoloni et mise au point sur la sécurité

La campagne démarre dans un climat politique tendu. La veille, Jean-Martin Mondoloni a accusé son adversaire d’être un « roi omnipotent », tentant d'entraver ses démarches. Gilles Simeoni a réagi : « Je regrette de ne pas avoir un troisième pied pour aller à Corte », rappelant : « Nous ne sommes contre personne, nous sommes ici pour construire ». Concernant la sécurité, sujet récurrent dans les discours adverses, il a souligné la nécessité de faire la distinction entre analyse et démagogie. « Il y a un sentiment d’insécurité, parfois accompagné d'une perte de lien social », admet-il, tout en précisant que les quartiers sud ne sont pas des zones d'insécurité par rapport à d'autres régions nationales. Il craint les dérives politiques ou policières : « Alors que la tendance va vers la démagogie, nous ne réagirons pas à travers des mesures populistes ». Il promet néanmoins la création d'un poste de police municipale, ainsi qu'une brigade verte pour lutter contre les incivilités, tout en réitérant son opposition à une police armée, sauf pour des armes non létales comme les tasers.

Hôpital, mobilités, sport et logement : un programme structuré autour de choix politiques

Lors de son intervention, Gilles Simeoni a également abordé l'avenir du centre hospitalier. « Certains ont œuvré pour que l’hôpital ne se trouve pas à Bastia », a-t-il déclaré, insistant sur un « choix politique clair » : le centre hospitalier doit demeurer à Bastia pour les « près de 2 000 personnes et familles » y travaillant. Il a évoqué un partenariat stratégique entre médecine privée et publique sans céder à la spéculation commerciale croissante dans le secteur.

Il a également salué les avancées de la précédente mandature en matière de transports, en mentionnant 13 000 abonnés aux transports en commun et la transformation de la ligne ferroviaire en « véritable tramway interurbain ». Le sport, quant à lui, est perçu comme « une école de citoyenneté », et il a mis en avant les rénovations de plusieurs infrastructures sportives enfin abouties. Mais c'est sur le logement qu'il se montre le plus combatif : « Le logement est devenu un enjeu stratégique », lance-t-il, annonçant son plan Bastia Alloghju et soulignant l'importance du statut de résident, opposé à toute approche xénophobe.

En conclusion, Gilles Simeoni a dit : « J’aurais voulu faire plus, j’aurais voulu faire mieux », avant d'exprimer son souhait de revenir à Bastia et d'appeler les Bastiaises et Bastiais à l'élire comme maire. Il propose également la création d’une consulta citadina, un espace de dialogue ouvert à tous les acteurs de la ville.

Présence de colistiers sur le terrain et programme diversifié

Les colistiers du candidat précisent leur engagement, soulignant l’importance de rester proches des enjeux quotidiens tels que l'emploi, le logement et la sécurité. Pierre Pieri mentionne des réalisations comme le réaménagement de routes et la création d'équipements sportifs. Antoine Graziani, membre de la précédente mandature, assure que les quartiers « n’ont pas manqué d’attention ». Ces témoignages renforcent l'idée d'une proximité attendue avec les citoyens.

Cinq autres listes sous le feu des projecteurs

A l'approche des municipales des 15 et 22 mars, six listes se présentent, soit deux de moins qu'en 2020. Aux côtés de la majorité sortante dirigée par Gilles Simeoni, figure la liste Bastia da Oghje à Dumane, menée par Jean-Martin Mondoloni, qui regroupe des membres de la droite et du Parti radical de gauche. La liste Uniti, quant à elle, est dirigée par Julien Morganti et rassemble divers libéraux et socialistes. D’autres figures politiques, telles que Sacha Bastelica et Francis Riolacci, mènent respectivement Una Via Per Bastia et Bastia in Cumunu, tandis que la liste Populu di Bastia, supervisée par Nicolas Battini, fait également partie du paysage.

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