Emmanuel Macron a récemment sollicité des experts pour évaluer les effets des jeux vidéo et de l'intelligence artificielle sur la santé mentale des jeunes. À l'issue de ce travail, qui devrait être rendu d'ici quelques mois, le président pourrait proposer des restrictions, voire des interdictions.
Bientôt game over pour les ados passionnés de jeux ? Le 5 février, le président de la République a annoncé lors d'un entretien accordé à Brut qu'il souhaite examiner les risques potentiels que représentent les jeux vidéo et les agents d’intelligence artificielle sur les enfants et les adolescents. En fonction des conclusions de ces recherches, qui devraient être finalisées en mai-juin, des mesures restrictives pourraient être envisagées.
« On va confier à des experts et au Conseil national du numérique et de l’IA, un travail » afin de « essayer de mesurer scientifiquement l’effet » des jeux vidéo « sur les enfants et les ados », a expliqué Macron. Il a précisé que cette mission devrait durer « deux mois ».
À l'issue de ces travaux, le président espère établir s'il existe un « consensus scientifique » sur l'impact négatif de certains jeux vidéo. Si tel était le cas, il a déclaré : « il ne faut rien exclure » concernant la possibilité d'une interdiction, car « protéger nos enfants et nos ados » est une priorité.
« Une logique de prédation »
Le chef de l'État a également souligné que l'utilisation excessive des jeux vidéo, notamment lorsqu'elle inclut des séquences violentes, peut avoir des conséquences néfastes. « Quand vous passez cinq ou six heures par jour à tuer des gens », a-t-il dit, soulignant que cela peut « conditionner des jeunes » et les « désinhiber complètement ».
En parallèle, Emmanuel Macron a par ailleurs chargé les professeurs de psychiatrie Raphaël Gaillard et Amine Benyamina d'étudier l'impact des « agents IA », ou « chatbots », pour déterminer s'ils peuvent induire des troubles ou des dépendances chez les jeunes.
IA, empathie artificielle et isolement
Les préoccupations du président s'étendent à la manière dont ces outils conversationnels peuvent « mimer le comportement humain » et engendrer un sentiment d’« empathie », qui risque de renforcer l’« isolement » de certains adolescents. « On a déjà vu dans des cas particulièrement graves », a-t-il averti.
Enfin, Emmanuel Macron a plaidé pour une plus grande transparence. Il a proposé que tous les contenus générés par l’intelligence artificielle arborent une mention explicite en dessous, enregistrant que « c’est fait avec l’IA » pour une meilleure compréhension des jeunes utilisateurs.







