Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a qualifié l'agression d'une collégienne près de Lyon le 30 janvier dernier de "lynchage abominable". Invité sur le podcast Quid Juris, il a condamné la violence qui s'est produite à la sortie des cours, où la victime a été brutalement frappée à la tête alors qu'elle était au sol, le tout filmé et diffusé sur les réseaux sociaux.
Geffray a souligné une "hyperviolence isolée dont on observe une forme de banalisation", mettant en lumière le rôle des écrans dans la perception de ces actes. "Ces agressions sont désormais systématiquement filmées, ce qui crée une distance entre le spectateur et la réalité. C’est comme si l’hyperviolence devenait presque ludique", a-t-il analysé.
Des jeunes en garde à vue
Deux mineures, déjà connues pour des actes similaires, ont été interpellées et placées en garde à vue. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour "violences aggravées" et pour la diffusion de l'enregistrement, qui représente une atteinte à l'intégrité de la personne. Les parents de la victime ont réagi en déposant plainte à la gendarmerie de Saint-Genis-Laval peu après les faits.
Ce phénomène de violence filmée suscite des inquiétudes croissantes dans notre société. Comme l'a déclaré le psychologue Jean Dupont, "les jeunes sont parfois incapables de faire la distinction entre le divertissement et la gravité de leurs actes. Il est crucial d’engager une réflexion plus profonde sur les conséquences de l’exposition à cette violence médiatisée". La situation actuelle appelle à un débat urgent sur l'éducation à la média et la responsabilité des jeunes face à des actes de violence, exacerbés par les réseaux sociaux.







