La récente agression mortelle de Quentin Deranque à Lyon a mis en lumière la complexité de la mouvance d'extrême droite radicale. Selon des chercheurs, son parcours illustre l'interaction entre des groupuscules souvent perçus comme fondamentalement différents.
Quentin, un jeune de 23 ans engagé auprès de groupes identitaires, est devenu tragiquement une figure emblématique de ce paysage politique. En allant à une conférence de Rima Hassan, eurodéputée, il a été pris à partie par des activistes antifascistes, ce qui a souligné la tension présente entre ces mouvements.
Origine et ADN des mouvements
Jean-Yves Camus, politologue, identifie entre 3 000 et 4 000 militants au sein de ce qui est souvent qualifié d'ultradroite[Politique et société, Jean-Yves Camus]. Loin d'être homogène, cette mouvance contient des segments aussi variés que les néonazis et les nationalistes-révolutionnaires.
La majorité des militants se sentent proches du mouvement identitaire, dont la définition de l'identité repose sur des critères ethniques. Ce phénomène, selon Marion Jacquet-Vaillant, émerge véritablement dans les années 2000 et se base sur un "triptyque identitaire" qui inclut des identités locales tout en refusant l'idée d'assimilation.
Les nationalistes-révolutionnaires, par exemple, ajoutent une dimension de populisme anticapitaliste à leur idéologie, souvent teintée d'antisémitisme et de préocupations sociales. Leur approche se distingue par un attrait pour l'Action française, une organisation royaliste de 1899 qui présente un engagement fort en faveur du fonctionnement doctrinal [Historique, Action française].
Rapport à la violence politique
En matière de violence, les royalistes font preuve d'une certaine retenue, n'ayant pas de milices privées. Jean-Yves Camus souligne que leur stratégie ne cherche pas à embrasser la violence alors que d'autres groupes, comme les identitaires, remettent en question l'usage de la violence comme acte de légitime défense [Marion Jacquet-Vaillant, Stratégies militantes].
Avec les récentes dissolutions, l’extrême droite radicale a tendance à se scinder en divers petits groupes locaux, rassemblant chacun peu de militants. Une cartographie réalisée par StreetPress évoque plus de 320 antennes dans l'hexagone, comprenant des régions auparavant épargnées telles que la Bretagne.
En somme, l’extrême droite radicale en France, bien qu'éclatée, continue de se structurer autour de croyances communes fortement ancrées dans la culture locale et des préoccupations politiques. La dynamique actuelle montre un potentiel de recomposition qui ne saurait être ignoré.







