La mort tragique de Quentin Deranque, militant identitaire, survenue à Lyon, a suscité une vague de réactions politiques, notamment de la part de Marion Maréchal. Lors d'une intervention sur BFMTV, elle a avancé que « la violence d’extrême droite est dérisoire par rapport à celle d’extrême gauche ». Cette affirmation est cependant mise à mal par des données précises fournies par l'historien spécialiste des extrêmes, Nicolas Lebourg, qui recense 59 morts causées par l’ultra-droite depuis 1986, contre seulement 6 pour l’ultragauche.
Les déclarations de Maréchal s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes autour de la violence politique en France. Les événements récents, notamment la mort de Quentin lors d'une altercation avec des individus masqués, alimentent ce débat passionné. En effet, plusieurs figures politiques de droite pointent du doigt l’ultragauche, mais leurs arguments sont souvent contredits par des données factuelles. Des meurtres notables comme ceux de Clément Méric en 2013 et d’Ismaël Ali en janvier 2026 illustrent la persistance d'une violence liée à des groupes d'extrême droite.
Nicolas Lebourg souligne que la violence d’extrême droite, en dépit de ce que peuvent dire certains, n'est pas à prendre à la légère. Il explique que sa létalité plus élevée provient de son caractère souvent désorganisé, manifesté lors de bagarres liées au contrôle de territoires, souvent teintées de motivations raciales. La violence d'extrême gauche, quant à elle, a évolué depuis les années 1980 pour se concentrer sur des actions moins létales, souvent dirigées contre des biens matériels ou en confrontation avec les forces de l’ordre.
Cet écart entre les deux formes de violence interpelle et questionne les discours politiques actuels. Selon l'historien, il est donc injuste de minimiser la menace que représente l’extrême droite, surtout dans le paysage politique actuel. "Nous assistons à un resserrement des cibles, principalement axées sur les minorités et les gauches depuis 2017," avertit-il, ajoutant que ce phénomène, bien que déjà noté à l’échelle européenne, se constate de manière très marquée en France.
Les récents événements autour de la mort de Quentin Deranque ne doivent donc pas masquer les réalités statistiques sur la violence politique, qui restent plus complexes que les discours simplistes tendent à le suggérer. Les experts s'accordent à dire qu'une telle dynamique ne se modifiera pas facilement, malgré la gravité de cette tragédie.







