Les derniers sondages révèlent des perspectives très serrées pour le second tour des élections municipales à Carcassonne, avec un écart de seulement 1,5 point entre le premier et le troisième candidats. Cette situation soulève la question : que faut-il en déduire, notamment en considérant la marge d'erreur de 4 points ?

Avant tout, il semble que tout reste ouvert. Un léger avantage se dessine pour la gauche. En revanche, le Rassemblement National (RN) se retrouve en retrait par rapport aux projections basées sur les législatives.

Les sondages écartent également une éventuelle fusion des listes Mourad et Larrat. Quelle en est la raison ?

L'ancien conseiller du maire prône une rupture, rendant une fusion particulièrement délicate à envisager. Pour François Mourad, cela compliquerait la communication, car les électeurs pourraient considérer cela comme un retournement de veste. Si l’on regarde l’histoire, il est rare qu’un maire sortant soit remplacé par un dissident au second tour tout en acceptant de fusionner. Les implications d'une telle option soulèveraient de nombreuses interrogations, notamment sur le rôle à jouer après une éventuelle victoire.

Quelles leçons tirons-nous des reports de votes entre le premier et le second tour ?

Il apparaît qu'une partie significative de l'électorat de La France Insoumise (LFI), plutôt jeune, ne souhaite pas se tourner vers le Parti Socialiste (PS). La liste représentée par Alix Soler-Alcaraz ne capterait que 65 % des électeurs LFI, tandis que 34 % se tourneraient vers Mourad. En ce qui concerne l'électorat de Mourad, seulement 28 % se reporteraient vers lui, contre 33 % pour une union de la gauche. Le RN pourrait tirer profit de cette situation, avec un potentiel de 39 % de soutien des électeurs. Ce faible niveau de report suggère une opposition marquée entre le maire sortant et son ancien bras droit, qui semble également se refléter chez leurs partisans respectifs.

Ce que conserve le maire sortant, c'est un groupe d'adeptes fidèles, particulièrement intransigeants ; ces électeurs déclarent qu'ils ne suivront pas un « traître » au second tour. On ne peut oublier que, dans le cadre des municipales, les considérations vont au-delà des simples affiliations politiques : le jeu des réseaux, des fidélités, et des services rendus occupe une place prépondérante. En effet, la politique ne se résume pas à des chiffres ; un score de 25,5 % et un autre de 17 % ne conduisent pas nécessairement à un total harmonieux de 42 % au second tour.