Ce dimanche marquera le quatrième anniversaire du début de l’invasion de l’Ukraine par les forces russes. L’acharnement des Ukrainiens a permis de repousser les envahisseurs, mais une partie du pays reste encore occupée. Les pourparlers de paix piétinent, essentiellement à cause de l’intransigeance de Vladimir Poutine, comme l’analyse Laurent Marchand dans Ouest-France.
L'assaut massif lancé par l'armée russe le 24 février 2022 a profondément bouleversé le cours des événements au XXIe siècle. Après plusieurs années de conflit dissimulé au Donbass et en Crimée, l'objectif de Moscou était clair : reprendre le contrôle sur Kiev et faire de l’Ukraine un vassal. Une stratégie qui prévoyait d’éliminer les élites ukrainiennes et de placer des gouvernements fantômes sous la direction du Kremlin, tout en monopoliser les ressources clés.
Cependant, le plan dessiné par Moscou s'est heurté à une ferme résistance. L'armée ukrainienne, soutenue par les alliés occidentaux, a opposé une farouche défense ; pourtant, il serait réducteur de ne parler que des forces armées tant la mobilisation populaire a été gigantesque.
Sur le plan humain, les chiffres sont alarmants. Un rapport du Center for Strategic and International Studies (CSIS) estime à deux millions le nombre de victimes en quatre ans, comprenant blessés, disparus et morts, dont environ 325 000 militaires russes et entre 100 000 et 140 000 Ukrainiens. Le tollé humain est immense, largement attribué à la volonté délibérée de Poutine, qui porte une responsabilité historique écrasante dans ce conflit.
Dans son ouvrage marquant, Françoise Thom met en lumière la profondeur historique de l'agression russe. Elle alerte sur le fait que les sacrifices demandés aux Russes pourraient exacerber les ambitions impérialistes de Moscou. Les nations voisines en prennent conscience, alors que nous, en Europe, avons parfois tendance à minimiser la menace que représente ce régime pour nos valeurs démocratiques et notre sécurité territoriale.
Cette guerre d'agression a éveillé l'Europe à la notion de défense stratégique. Le retour de Donald Trump a renforcé ce sentiment de vulnérabilité. Bien que les partisans de Moscou se fassent discrets, la guerre continue, et pour l’instant, Vladimir Poutine reste inflexible dans ses objectifs. Sa logique destructrice semble le piéger et l'isolement croissant de son régime ne laisse entrevoir aucune sortie de crise.
Conscients de leur combat, les Ukrainiens savent qu'ils luttent pour leur existence. Malgré des cas de désertion et de corruption, le taux de résistance reste remarquablement élevé, surtout en comparaison avec les luttes passées. La société civile ici a saisi qu'elle n'a pas d'alternative : plus de trente années de lutte pour l’indépendance sont en jeu.
Depuis le début de l'invasion, les Ukrainiens estiment qu'ils se battent non seulement pour leur survie mais aussi pour la démocratie en Europe. En ce quatrième anniversaire, il est essentiel d'en prendre pleinement conscience et d'assurer un soutien continu à cette nation héroïque.
(*) Françoise Thom, « La guerre totale de Vladimir Poutine ». Éditions À l’Est de Brest-Litovsk, 325 pages, 22 €.







