Municipales 2026 : l'émergence des rumeurs électorales menace les candidats

Démêlez le vrai du faux dans la course aux municipales 2026 !
Municipales 2026 : l'émergence des rumeurs électorales menace les candidats
Les rumeurs diffamatoires ont toujours proliféré en période d'élections. Mais les réseaux sociaux ont radicalement changé leur portée. (illustration) | CORINE MONNERIE / OUEST-FRANCE

SÉRIE « Quand élections riment avec désinformation » [4/5]. Ouest-France explore les diverses méthodes de désinformation qui pourraient surgir lors des élections municipales à venir. Cet article se concentre sur des pratiques visant à tromper l'électorat concernant un candidat ou un parti.

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Cette réflexion de Francis Bacon, philosophe du XVIIe siècle, résonne plus que jamais à l'ère des réseaux sociaux. En effet, avec la proximité des élections, les attaques diffamatoires se multiplient. Contrairement à certaines techniques nécessitant des moyens conséquents, ces manœuvres de diffamation peuvent être orchestrées par des acteurs locaux, sans intervention étrangère. Dans le cadre d'élections locales, il suffit d'une information erronée lancée dans un groupe restreint d'électeurs pour causer des dommages significatifs.

Dans la région Ouest, plusieurs exemples ont déjà été observés. Par exemple, à Avranches, la candidate Angélique Ferreira a récemment été confrontée à la création d'un site web pornographique utilisant son nom. Similairement, en Loire-Atlantique, le maire d’Indre, Anthony Berthelot, a dû se défendre contre des rumeurs affirmant qu'il ne résidait pas dans la commune.

Un autre exemple frappant de l'utilisation de la technologie dans le cadre de la désinformation a été illustré par le candidat socialiste à la mairie de Toulouse, François Briançon, qui a vu une image truquée le montrant associé à un concurrent de la France insoumise, mise en circulation par un colistier de son adversaire.

À l'international, des cas similaires ne manquent pas. En Croatie, une fausse vidéo de la candidate écologiste Ivana Kekin a suscité plus de 140 000 vues sur TikTok, illustrant ainsi l'ampleur que peuvent prendre ces informations fallacieuses. L'ONG Gong a identifié plusieurs autres fausses nouvelles similaires, signalant un défi majeur pour la démocratie. Ce phénomène a aussi touché des organisations locales, comme l’ONG, qui lutte contre la désinformation.

La communication de données privées : un risque accru

Des méthodes plus sophistiquées, comme le « doxxing », ont également été utilisées. Cette méthode consiste à diffuser les informations personnelles d'individus ciblés, comme vu lors de manœuvres orchestrées depuis la Russie durant les récents Jeux olympiques, où des données privées d'athlètes israéliens ont été publiées, les accablant de fausses accusations. Selon Viginum, des manipulations similaires sont observées dans des contextes numériques liés à des groupes pro-iranien.

Il est crucial de rappeler que ces actions sont illégales et représentent un danger non seulement pour l'image des personnes concernées, mais également pour l'intégrité des élections elles-mêmes.

Des fausses allégations visant des partis

Les attaques ne ciblent pas seulement des candidats individuels, mais peuvent également frapper des partis dans leur ensemble. Par exemple, quelques jours avant les élections législatives de 2024, une fausse page web a circulé, promettant une prime de 100 € pour le vote en faveur de députés Renaissance, une affirmation totalement infondée. Cette page imita habilement le design d'un document officiel du parti, amplifiant ainsi la désinformation. De telles manigances, souvent orchestrées par des acteurs extérieurs, peuvent avoir des conséquences dévastatrices.

Comment détecter la désinformation ?

Éviter de relayer des rumeurs sur les réseaux sociaux est essentiel. Cela est non seulement illégal, mais favorise aussi leur diffusion. Si un candidat fait réellement face à des problèmes juridiques, ces informations devraient être vérifiables dans des médias fiables. La détection des sources d’une rumeur est tout aussi cruciale ; connaître l’émetteur d’une information et ses intérêts peut aider à déceler toute manipulation.

Il est également pertinent de signaler que les vidéos générées par intelligence artificielle par des individus malveillants sont généralement courtes, d’une durée inférieure à dix secondes. Au-delà, des moyens plus complexes et coûteux sont nécessaires.

Si vous tombez sur un contenu prétendument relayé par Ouest-France qui vous semble suspect, envoyez-nous un e-mail avec des détails à ouest-france.vous.repond@ouest-france.fr. Nous examinerons l'authenticité de l'article et, si nécessaire, prendrons les mesures juridiques appropriées. Cette action vous permettra de contribuer à la lutte contre la désinformation et à la protection de l'intégrité électorale.

Toute la série «Quand élections riment avec désinformation» :

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