La circulaire envoyée par Gérald Darmanin en octobre 2025, visant à replacer les victimes en premier plan dans la procédure pénale, suscite une controverse significative. Deux des principaux syndicats de magistrats, l'Union syndicale des magistrats (USM) et le Syndicat de la magistrature (SM), ont déposé un recours devant la justice administrative. Bien qu’annoncé comme un outil pour améliorer la situation des victimes, ce texte crispe les relations entre la Chancellerie et une partie du corps judiciaire.
Ce document est perçu comme un nouveau chapitre dans le bras de fer entre le garde des Sceaux et les magistrats. Le JDD a rapporté les réticences des syndicats face aux recommandations formulées dans ce texte, considérées comme trop directives et susceptibles de compromettre l'indépendance des juges.
Dans sa circulaire, Darmanin cite un constat largement partagé par les associations de victimes : beaucoup d'entre elles se sentent éloignées de leur dossier, souvent à cause d'un manque d'informations claires et d'une durée des procédures jugées interminables. Le ministère de la Justice a ainsi demandé aux procureurs d'améliorer la communication envers les victimes, surtout dans les cas où un accusé est remis en liberté.
Les syndicats de magistrats avancent que ces consignes empiètent sur leur autonomie et critiquent particulièrement le principe de communication systématique d'informations lors des remises en liberté. Selon eux, cela pourrait accroître la vulnérabilité des victimes en instaurant un climat de peur.
Limiter les renvois et favoriser la contribution citoyenne
Darmanin a également demandé aux procureurs de restreindre les renvois au tribunal, les considérant comme des sources de stress pour les victimes. Cette initiative, bien qu’appuyée par le besoin d’efficacité, est dénoncée par les syndicats qui y voient une intrusion dans le fonctionnement judiciaire. Ce débat s’inscrit dans un cadre où la lenteur du système judiciaire français est souvent critiquée, tant par le public que par les autorités elles-mêmes.
La circulaire encourage également la « contribution citoyenne », permettant à certains condamnés de s'impliquer financièrement dans des actions d’intérêt général, notamment des programmes d'aide aux victimes. Cette approche pourrait inciter une meilleure responsabilité de la part des délinquants, mais elle soulève également des questions éthiques quant à la réinsertion.
Ces tensions entre la Chancellerie et la magistrature émergent dans un contexte où la question des droits des victimes devient de plus en plus centrale dans le débat public. La lenteur des procédures et la clarté des décisions judiciaires restent, quant à elles, des préoccupations majeures qui persistent dans le paysage judiciaire français.







