Amélie de Montchalin, récemment nommée première présidente de la Cour des comptes, a annoncé qu'elle ne participera pas aux discussions relatives au budget de l'État et de la Sécurité sociale pour 2025. Dans un communiqué diffusé ce lundi 23 février, l'institution a précisé que l'ancienne ministre de l'Action et des Comptes publics avait pris ses fonctions plus tôt dans la journée.
Dans le communiqué, il est déclaré que « la première présidente a décidé de s’abstenir de participer aux délibérations relatives à l’exécution du budget de l’État et de la Sécurité sociale pour 2025 ainsi qu’aux rapports concernant les organismes sur lesquels elle a exercé une autorité au cours des trois dernières années » (source : Agence France-Presse).
L'ex-ministre, qui avait supervisé l'élaboration du budget 2026, n'a pas proposé d'annonces pour l'avenir. Son absence des délibérations sur les finances publiques soulève des questions de transparence, comme l'indiquent plusieurs experts, notamment Philippe Aghion, professeur à l'École d'économie de Paris, qui souligne : « cette situation pourrait créer des perceptions de conflits d'intérêts, ce qui est préoccupant pour une institution qui doit garantir l'intégrité des finances publiques ».
Ce retrait de Montchalin a également attiré des critiques de la part de l'opposition politique. Nombreux sont ceux qui estiment que sa récente nomination pourrait nuire à la crédibilité de la Cour, notamment en raison de son parcours ministériel. « Il est difficile de croire qu'elle puisse évaluer objectivement des décisions budgétaires pour lesquelles elle a eu un rôle direct », a déclaré un représentant du parti Les Républicains.
Pour illustrer ces préoccupations, l'opposition a évoqué la nécessité de vérifier les déclarations d’intérêts. « En vertu de l'article L. 120-10 du code des juridictions financières, la présidente a déposé sa déclaration d'intérêts au collège de déontologie de la Cour », a ajouté la Cour des comptes, mais cela n'a pas suffi à dissiper les doutes soulevés par sa nomination.
Avant son mandat à la Cour, Amélie de Montchalin a occupé divers postes clés au sein du gouvernement, y compris ministre de la Transition écologique et secrétaire d’État aux Affaires européennes. Son parcours soulève des débats sur l'objectivité et l'indépendance nécessaire pour ce rôle crucial qui a la charge d'évaluer et de certifier la gestion des finances publiques françaises.







