Au Japon, les félins ne sont pas seulement des compagnons adorés, ils sont devenus des acteurs incontournables de l'économie nationale. L'industrie connue sous le nom de "nekonomics" englobe toutes les activités économiques liées aux chats, représentant ainsi un poids financier significatif. Ce secteur est désormais comparable en termes de retombées économiques à l'Exposition universelle prévue à Osaka en 2025.

Les articles destinés aux chats et à leurs propriétaires, tels que jouets, arbres à chats et livres illustrés, prennent de plus en plus de place dans les supermarchés et konbinis, ces petites supérettes omniprésentes. À l'occasion de la Journée du chat, célébrée le 22 février – une date choisie en raison de la ressemblance phonétique entre le chiffre 2 en japonais et le miaulement des chats – l'économiste Katsuhiro Miyamoto, professeur émérite à l'université du Kansai, a partagé des chiffres impressionnants. Son étude, largement diffusée par les médias, prévoit que les gains financiers liés au secteur des chats atteindront 2 948,8 milliards de yens, soit environ 16 milliards d'euros, d'ici 2026. Comme il l'a mentionné avec amusement dans une interview avec Jiji Tsushin, cela s'approche des retombées attendues de l'Exposition universelle d'Osaka.

Malgré ce succès économique, le nombre de chats domestiques au Japon a commencé à décliner, passant à environ 9 millions. Les défis tels que le coût d'entretien élevé – estimé à 120 000 yens par an (environ 650 euros) – couplés à un déclin démographique, mettent en péril cette tendance croissante. Miyamoto prévient dans un article publié par Asahi Shimbun : "Bien que les projections économiques soient à la hausse, la chute du nombre de chats pourrait bientôt avoir des conséquences notables sur l'industrie."

“C’est du bonheur absolu”

Cette constatation ne semble pas décourager les entreprises japonaises, qui continuent d'innover pour capturer ce marché lucratif. Pour célébrer la Journée du chat, la chaine de konbini Seven Eleven Japan a lancé une pâtisserie en forme de patte féline, illustrant ainsi leur créativité face à la culture populaire. D'autres entreprises, conscientes des limitations de certains consommateurs qui ne peuvent posséder de chat pour des raisons économiques ou allergiques, proposent des alternatives semblables à la sensation d'avoir un animal domestique à la maison. Par exemple, Nissen commercialise des couvertures au toucher imitant la fourrure de chat. Une cliente allergique a partagé son expérience avec Nihon Keizai Shimbun : "J'ai l'impression de dormir avec un chat dans mes bras. C’est du bonheur absolu."