Juridiquement, les candidats sont désormais considérés comme « engagés au second tour de manière irrémédiable ». Néanmoins, sur le plan politique, des échappatoires existent pour se retirer de facto avant la deadline.
Les élections municipales de 2026 ont connu une série de rebondissements ce mardi, à deux jours du premier tour. La date limite de dépôt des listes, fixée à 18 heures partout en France, joue un rôle crucial dans le processus : elle doit confirmer les candidatures pour le second tour, prévu ce dimanche 22 mars.
« Aucun retrait volontaire ou remplacement de candidat n’est accepté après le dépôt de la liste », stipule le Code électoral. Cela signifie-t-il que, par exemple, l'Insoumise Sophia Chikirou ne pourra plus se retirer pour céder sa place à Emmanuel Grégoire, la tête de liste de l'union de la gauche hors-LFI ?
D'un point de vue légal, une fois la candidature enregistrée, l'engagement est clair. Selon l'avocat spécialisé en droit électoral Me Antoine Fouret, « à partir du moment où il y a un candidat, les électeurs doivent pouvoir voter pour lui ».
Cependant, il précise : « Politiquement, rien n'empêche un candidat d'abandonner la course ». Un candidat ayant déposé sa liste peut effectivement appeler publiquement à ne pas voter pour lui, voire inciter au vote pour un autre concurrent jusqu'à la dernière minute.
Une question de bulletins
Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur précise qu'« une liste peut, à tout moment, demander le retrait de ses bulletins de vote (qu’il a d’ailleurs la charge d’imprimer) auprès de l'autorité compétente », comme indiqué dans le « mémento à l’usage des candidats ». Toutefois, « la candidature de la liste reste valide », ajoute l’Intérieur.
Selon ces directives, cette procédure est réalisable avant que la commission de propagande n'expédie les bulletins de vote aux électeurs. Elle peut également s'appliquer a posteriori, à travers le maire, qui doit alors informer les présidents de bureaux de vote de « s'abstenir » de remettre ces bulletins le jour du scrutin.
Ainsi, un candidat pourrait avoir sa liste déposée et enregistrée pour le second tour, tout en n'étant pas votable par les électeurs. Bien que cela semble improbable, Me Antoine Fouret conclut : « À partir de mercredi, il ne devrait plus y avoir de surprises. »







