On a récemment observé une réaction prompte face à des urgences énergétiques. Le plan d’électrification, qui vise à renforcer la souveraineté énergétique de la France, aurait dû être présenté lors de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) à la fin de mars. Le ministre de la Transition énergétique, Sébastien Lecornu, a enfin esquissé les grandes lignes de ce projet, vendredi dernier, juste avant le week-end. Pour lui, il s’agit d’apprendre de la crise énergétique exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, qui a vu les prix des carburants flamber. Il a annoncé un soutien à l’électrification des logements, ainsi qu’une aide d’un montant de 10 milliards d’euros d’ici 2030, une augmentation notable par rapport aux 5,5 milliards alloués aujourd'hui. Cependant, il met en garde : cet effort ne sera pas financé par de nouveaux fonds, mais par un redéploiement des ressources déjà existantes. La promesse d'argent nouveau semble donc illusoire, tout comme les mesures qui l'accompagnent.
Finalement, le climat est le grand absent de ce plan.
Une des mesures phares discutées est l’interdiction des chaudières à gaz dans les nouvelles constructions, une initiative qui ne fait qu’élargir une interdiction déjà prévue pour 2025 dans le cadre de la réglementation environnementale 2020. De plus, l’objectif d’installer un million de pompes à chaleur d’ici 2030 n’est pas neuf, ayant déjà été établi sous l’ancienne administration de Bruno Le Maire. Des inquiétudes émergent de la part d’associations telles que négaWatt et le collectif Rénovons, qui redoutent que ces mesures favorisent l'installation de pompes à chaleur dans des logements peu performants sur le plan énergétique, un choix qui semble paradoxal. L’urgence devrait être la rénovation et l’isolation des habitations, une tâche complexe dont les financements se voient régulièrement réduits.
A propos du transport routier, extrêmement dépendant du pétrole, Sébastien Lecornu a évoqué un renforcement du leasing social ciblé sur les ménages modestes pour l’acquisition de véhicules électriques. Ce dispositif, qui pourrait également s’étendre aux poids lourds et utilitaires, vise à améliorer l’accès à des options de transport moins polluantes. Cependant, malgré cette intention, aucune alternative à la voiture individuelle n’a été proposée, laissant planer un sentiment que le climat, et donc l’urgence climatique, ne figurent pas en tête des priorités gouvernementales.







