Ce lundi, la route des Sanguinaires, à Ajaccio, illustre les tensions liées à la cohabitation entre piétons, cyclistes et touristes. Le phénomène de divagation animale devient une source de frustration, exacerbée par une indivision foncière très répandue. Ange-Toussaint, un auditeur engagé, partage son constat alarmant : "La divagation animale dans les zones rurales provient en grande partie d'une indivision persistante". En effet, de nombreux terrains en Corse restent indécis, rendant impossible pour les éleveurs d'installer des clôtures.
Ce contexte n'échappe pas à l'attention des autorités insulaires. Paul, un autre auditeur, critique ceux qui perçoivent des loyers sans vouloir formaliser des baux emphytéotiques : "Les gens ne veulent pas s'engager, mais continuent à encaisser".
Philippe, enfin, fait état d'un espoir concret : la loi du 7 avril 2026, qui devrait simplifier la sortie de l'indivision. "Si parmi quatre héritiers, l'un s'oppose, les autres auront désormais la possibilité de contourner cet obstacle", précise-t-il. À la lumière de cette nouvelle législation, un changement est en train de s'opérer dans le paysage juridique corse.
Cette loi peut-elle réellement atténuer la divagation animale évoquée par Ange-Toussaint ?
Marie-Anne Pieri, notaire à Aléria, affirme que "cela facilitera la mise en place de titres de propriété". Selon elle, la colonne vertébrale de cette loi repose sur celle du 6 mars 2017, qui a inauguré la création de titres. De nombreux usagers, inculpés par l’indivision, ont pu voir un espoir se dessiner à l'horizon. Les éleveurs pourront désormais obtenir des titres de propriété et sortir de situations bloquées, surtout dans le cas des estives non titrées.
D'après le Groupement d'intérêt public pour la reconstitution des titres de propriété en Corse (GIRTEC), plus de 300 000 parcelles, soit plus de 29% des terrains de l'île, restent dans l'indivision au 31 décembre 2024. La nouvelle loi pourrait transformer le paysage foncier agricole en Corse, tout en répondant aux problématiques de divagation animale. Cette évolution est vue d'un œil positif par les experts, qui espèrent qu'elle apportera équilibre et responsabilité au milieu rural.







