l'essentiel
Accusé de violences sexuelles depuis 2019, Patrick Bruel avait vu son dossier classé sans suite en 2020. Cependant, de nouveaux témoignages entraînent récemment la réouverture de l'enquête, dévoilant des récits poignants des plaignantes.
La justice a décidé de relancer les enquêtes concernant des agressions sexuelles, viols ou tentatives, contre Patrick Bruel à Paris, Nanterre, Saint-Malo et Bruxelles, après l'abandon d'une première procédure en 2020. Le Figaro a mis en lumière des éléments troublants de l'enquête initiale.
Des témoignages concordants
En été 2019, une des premières praticiennes, Lucie*, a initié la "procédure des masseuses" à la suite d'une séance à Ajaccio. Selon ses propos, l'artiste se serait dénudé entièrement et aurait refusé le sous-vêtement jetable, déclarant : "Ça, tu oublies" et "Il fait trop chaud". Elle raconte : "Il m’a demandé d’aller dans l’inter-fessier. Il m'a dit : ‘j’aime vraiment bien quand tu passes là’. Il bougeait sans cesse pour que ma main arrive sur ce point."
Pas moins de six autres praticiennes corroborent ce même récit. Émilie*, en 2008, se remémore une demande de "massage sexuel avec les mains". En 2011, Estelle* essaie d'évaluer la situation après que Bruel lui aurait proposé : "Si tu veux, tu peux aussi faire des bisous". Julia*, en 2019, témoigne : "Il faisait tout pour que je touche son sexe". Catherine*, lors d'une séance en 2000, se serait laissée entraîner par la pression, notant : "Je lui ai dit que j'étais seulement venue pour un massage, il a rétorqué : 'Et moi, je t'ai baisée !'" Jade* évoque une tentative de viol en 2011, rappelant que Bruel aurait murmuré : "C'est pas grave, ce sera notre secret".
En garde à vue, Patrick Bruel s'est défendu en rejetant toutes les accusations. Concernant ses demandes de massages, il explique : "J'ai dû dire d'appuyer bien fort sur le pyramidal, c'est un muscle de la fesse qui est très douloureux". La célébrité déclare n'avoir "pas le sens de la conquête" et assure : "Je n'ai pas besoin de cela".
Une clôture judiciaire qui fait polémique
Le classement de 2020 a suscité de vives polémiques, notamment de la part de Me Iris Biehler, avocate de deux plaignantes, qui déplore que les similitudes troublantes entre les récits n'aient pas suffi à justifier des poursuites. En revanche, les avocats de l'artiste, Mes Céline Lasek et Christophe Ingrain, affirment avec fermeté : "À moins que la justice n'en décide autrement, ce qui n'est pas le cas, Patrick Bruel est innocent. Il doit donc être traité comme tel".







