Des équipes de l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte, joint au CNRS et à l’Université de Tours, ont publié dans le Journal of Experimental Biology des résultats alarmants concernant le DEET (N,N-diéthyl-méta toluamide), considéré comme le répulsif le plus efficace mondialement. Utilisé dans des produits comme Insect Ecran ou Care Plus, contenant souvent plus de 50 % de DEET, ce composé est devenu essentiel pour repousser ces insectes indésirables.
Selon cette étude, les moustiques Aedes aegypti, vecteurs de maladies comme la dengue, le virus Zika et le chikungunya, sont capables de s’adapter à l’utilisation des répulsifs. Ils en viennent à associer l’odeur du DEET à un potentiel repas de sang, modifiant ainsi leur comportement. Si la concentration de ce répulsif descend sous un seuil d’efficacité tout en restant perceptible, un moustique ayant appris à le relier à un repas pourrait devenir attiré, augmentant les risques de transmission de maladies.
Efficacité non détronée
Jusqu’à présent, on pensait que les réactions des moustiques aux répulsifs étaient exclusivement d'origine génétique. Cependant, cette étude met en lumière une adaptation comportementale. Ce changement se produit lors de l’effritement de l’efficacité du produit, ce qui remet en question notre compréhension des comportements de défense des insectes.
Ce mécanisme de contournement s’opère en trois étapes : l’accoutumance, l’apprentissage associatif et la résistance génétique. Plus les moustiques sont nombreux et plus nous les combattons avec des répulsifs, plus leur « éducation » s’intensifie. Si une femelle moustique assimile le DEET à une source de nourriture, les générations suivantes apprendront à contourner cette barrière de protection. Un résultat désastreux pourrait augmenter les taux de transmission des maladies telles que la dengue, le Zika ou le paludisme, notamment dans les zones à risque.
Le DEET demeure, malgré tout, le répulsif le plus efficient contre les maladies transmises par les insectes. La recherche s’oriente maintenant vers des alternatives, que ce soit par le biais de nouvelles molécules ou des stratégies de brouillage pour améliorer notre protection.







