Suite au départ du docteur Rohmer, la commune de Redessan, située dans le Gard, se retrouve dans une situation préoccupante de désert médical. La mairie rencontre des difficultés pour recruter un remplaçant, et le maire, Jules Fernandez, est prêt à offrir un soutien financier pour attirer un nouveau généraliste.
Avec le bureau médical laissé vide, il ne reste plus qu’un stéthoscope et une table d’auscultation. Le docteur Rohmer a quitté son cabinet le 30 juin, laissant Redessan sans médecin. "C’est une perte importante pour la commune, et cela crée une réelle inquiétude parmi les habitants", déplore Jules Fernandez.
Les conséquences de cette absence se font également sentir pour des résidents comme Madeleine Beites. Elle doit maintenant trouver un médecin pour sa mère âgée, ce qui va nécessiter des déplacements longs et compliqués. "Désormais, il va falloir faire des kilomètres pour des soins, ce qui est difficile pour ma mère", confie-t-elle.
François Chabrolles, un habitant du village, souligne la situation en indiquant : "J’ai alerté plusieurs fois l’Agence Régionale de Santé, mais ils ne considèrent pas Redessan comme un désert médical". Ancien titulaire de la pharmacie locale, il a transmis son établissement à Clara Munin, une jeune pharmacienne qui souhaite apporter une aide précieuse à la population.
135 médecins généralistes pour 100 000 habitants, le Gard en dessous de la moyenne nationale
Face à cette problématique, la pharmacie munie d’une borne de téléconsultation pourrait offrir une solution temporaire aux 4 000 habitants de Redessan. "Cette machine est conçue pour aider à des consultations simples et à renouveler des ordonnances", explique Clara. Le pharmacien endosse donc un rôle de complément à celui du médecin généraliste.
En plus de la téléconsultation, la pharmacie offre des services de vaccination et de délivrance d’antibiotiques pour certaines affections mineures. L’idée d’une collaboration entre la mairie et la pharmacie pour créer une maison médicale est également en discussion. Jules Fernandez affirme : "Nous sommes déterminés à agir pour attirer un médecin dans notre village".
"L’image du médecin de campagne, taillable et corvéable à merci, n’est plus d’actualité"
Les statistiques de l’INSEE soulignent un déséquilibre croissant. Dans le Gard, il n’y a que 135 médecins pour 100 000 habitants, bien en dessous de la moyenne nationale de 146. Les grandes villes comme Nîmes et Alès bénéficient d’une offre de soins adéquate, tandis que les zones rurales subissent un fort manque de praticiens.
Patrick Bouet, ancien président du Conseil national de l’Ordre des médecins, souligne un changement de paradigme en indiquant que le modèle traditionnel du médecin de campagne devient obsolète : "Les jeunes praticiens recherchent des conditions de travail différentes qui ne sont plus compatibles avec la solitude des zones rurales". En 2024, pas moins de 6 millions de Français n’avaient pas de médecin traitant, illustrant ainsi l’urgence de la situation.







