Le titre de cette nouvelle mesure ne reflète pas toujours la réalité des pères en congé paternité. Depuis l'extension récente de cette période, qui octroie un ou deux mois supplémentaires aux nouveaux parents, des voix s'élèvent contre ceux qui choisissent leurs loisirs au lieu de s’occuper de leur enfant. Un sujet brûlant sur les réseaux sociaux, relayé récemment par 20 Minutes.
Marie Vialeret, présidente de l'association « T'as pensé à ? », a recueilli de nombreux témoignages d'épouses en détresse. Les récits se ressemblent, souvent marqués par des déceptions : festivals, sports, jeux vidéo… de nombreux pères ont utilisé leur congé non pas pour s'occuper de leur enfant, mais pour poursuivre leurs activités personnelles. "Le père de ma fille est allé à Tomorrowland lors de son congé paternité", raconte l'une d'elles.
Ce comportement n'est pas isolé. Séverine, maman de deux enfants, a vécu la même désillusion. Son ex-conjoint a prolongé ses vacances de Noël en prenant son congé paternité, laissant Séverine seule à gérer le quotidien avec un bébé en souffrance due au reflux gastro-œsophagien. "Il ne s'est jamais impliqué", déclare-t-elle. De telles anecdotes révèlent un manque d'engagement non seulement sur le plan personnel, mais aussi familial.
Un soutien paternel inexistant
L'absence de soutien est un problème récurrent. Séverine n'a reçu d'aide que de sa famille, contrainte de jongler seule avec un nourrisson difficile. Le père est souvent plus préoccupé par ses escapades que par les besoins de son enfant. « À aucun moment il ne participait aux soins des petites », se lamente-t-elle. En effet, des études montrent que beaucoup d'hommes profitent de cette opportunité pour vaquer à des occupations non liées à leur rôle de père.
Des témoignages similaires émergent de Charlène, qui raconte comment son compagnon a résisté à l'idée de rester à la maison alors que leur enfant venait de naître. "Il passait son temps à des courses de karting, un hobby qui a pris le pas sur sa responsabilité de père". Face à ces injustices, les mères partagent un sentiment de solitude accablant. Le phénomène des rôles genrés reflète des stéréotypes ancrés dans la société, aggravant le sentiment d'isolement des femmes dans leur nouvel engagement parental.
Une réalité à changer
Pour Marie Vialeret, ces considérations soulignent des problèmes systémiques. Elle cite une étude espagnole où il a été noté une augmentation significative du congé paternité après des événements marquants, suggérant que nombreux sont ceux qui en abusent. "Ces résultats montrent à quel point ces congés sont perçus différemment par les hommes et soulèvent des questions cruciales sur les relations de genre", précise-t-elle.
La récente extension du congé paternité arrive avec l'espoir de susciter un changement positif, mais pour Séverine, il faut que ces jours soient utilisés pour établir un lien véritable entre le père et l'enfant. "Rallonger le congé, c'est bien, mais cela doit aussi passer par un engagement réel dans la parentalité", conclut-elle.
*Le prénom a été modifié







